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2485 - Jean Paul II, Angelus du 27 février 2022)


2485

 st Jean Paul II
 (Angelus du 27 février 2022)

« Chers frères et sœurs, bonjour ! )

Dans l’Evangile de la liturgie d’aujourd’hui, Jésus nous invite à réfléchir sur notre regard et sur nos paroles. Le regard et les paroles.

Avant tout sur notre regard. Le risque que nous courrons, dit le Seigneur, est de nous concentrer pour regarder la paille dans l’œil du voisin, sans nous apercevoir de la poutre qu’il y a dans le nôtre (cf. Lc 6, 41). En d’autres termes, être très attentifs aux défauts des autres, même les petits comme une paille, et ignorer tranquillement les nôtres, en leur donnant peu d’importance. Ce que dit Jésus est vrai: nous trouvons toujours des motifs de culpabiliser les autres et de nous justifier nous-mêmes. Et souvent, nous nous plaignons des choses qui ne vont pas dans la société, dans l’Eglise, dans le monde, sans nous remettre d’abord en question et sans nous engager à nous changer d’abord nous-mêmes. Tout changement fécond, positif, doit commencer par nous-mêmes. Dans le  cas contraire, il n’y aura pas de changement. Mais — explique Jésus — ce faisant, notre regard est aveugle. Et si nous sommes aveugles, nous ne pouvons pas prétendre être des guides et des maîtres pour les autres: en effet, un aveugle ne peut pas guider un autre aveugle  (cf. v. 39).

Chers frères et sœurs, le Seigneur nous invite à purifier notre regard. Il nous demande tout d’abord de regarder en nous pour reconnaître nos pauvretés. Parce que si nous ne sommes pas capables de voir nos défauts, nous serons toujours portés à agrandir ceux des autres.  Si nous reconnaissons en revanche nos erreurs et nos pauvretés, la porte de la miséricorde s’ouvre pour nous. Et après nous être regardés à l’intérieur, Jésus nous invite à regarder les autres comme il le fait Lui — voilà le secret: regarder les autres comme il le fait Lui —, qui ne voit pas avant tout le mal, mais le bien. Dieu nous regarde ainsi: il ne voit pas en nous des erreurs irrémédiables, mais il voit des fils qui se trompent. L’optique change: elle ne se concentre pas sur les erreurs, mais sur les fils qui se trompent.  Dieu distingue toujours la personne de ses erreurs. Il sauve toujours la personne. Il croit toujours dans la personne et est toujours prêt à pardonner les erreurs. Nous savons que Dieu pardonne toujours.  Et il nous invite à faire de même: à ne pas rechercher chez les autres le mal, mais le bien.

Après le regard, Jésus nous invite aujourd’hui à réfléchir sur nos paroles. Le Seigneur explique que  «c’est du trop-plein du cœur que parle sa bouche» (v. 45). C’est vrai, on comprend immédiatement ce que quelqu’un a dans son cœur selon la façon dont il parle. Les paroles que nous utilisons expriment la personne que nous sommes. Mais parfois, nous prêtons peu d’attention à nos paroles et nous les utilisons de façon superficielle. Mais les paroles ont un poids: elles nous permettent d’exprimer des pensées et des sentiments, de donner voix aux peurs que nous avons et aux projets que nous voulons réaliser, de bénir Dieu et les autres.  Malheureusement, avec notre langue, nous pouvons toutefois aussi alimenter les préjugés et même détruire; avec la langue, nous pouvons détruire nos frères: les commérages blessent et la calomnie peut être plus tranchante qu’un couteau! Et aujourd’hui, en particulier dans le monde numérique, les paroles vont vite; mais trop souvent, elles véhiculent la colère et l’agressivité, alimentent de fausses nouvelles et profitent des peurs collectives pour répandre des idées déformées. Un diplomate, qui fut secrétaire général des Nations unies et qui reçut le prix Nobel de la paix, dit qu’«abuser des paroles équivaut à mépriser l’être humain»  (D. Hammarskjöld, Jalons, Paris, Plon 1966).

Demandons-nous alors quel genre de paroles nous utilisons: des paroles qui expriment l’attention, le respect, la compréhension, la proximité, la compassion, ou bien des paroles qui visent principalement à nous glorifier devant les autres? De plus, parlons-nous avec douceur, ou bien polluons-nous le monde en répandant du poison: en critiquant, en nous plaignant, en alimentant l’agressivité diffuse?

Que la Vierge Marie, dont Dieu a regardé l’humilité, la Vierge du silence que nous prions à présent, nous aide à purifier notre regard et nos paroles. »



2482 - pape François - Angélus du 14 juin 2020, en la fête du Saint-Sacrement

Paroles du pape François avant l’angélus :
Chers frères et sœurs, bonjour!
On célèbre aujourd’hui, en Italie et dans d’autres nations, la solennité du Corps et du Sang du Christ, le Corpus Domini. Dans la deuxième lecture de la liturgie d’aujourd’hui, saint Paul réveille notre foi dans ce mystère de communion (cf. 1 Co 10, 16-17). Il souligne deux effets du calice partagé et du pain rompu: l’effet mystique et l’effet communautaire.
Au début, l’apôtre dit: « La coupe de bénédiction que nous bénissons, n’est-elle pas communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas communion au corps du Christ ? » (v. 16). Ces paroles expriment l’effet mystique ou pourrait-on dire, l’effet spirituel de l’Eucharistie: il s’agit de l’union avec le Christ, qui s’offre pour le salut de tous dans le pain et le vin. Jésus est présent dans le sacrement de l’Eucharistie pour être notre nourriture, pour être assimilé et devenir en nous cette force de renouveau qui redonne de l’énergie et redonne l’envie de se remettre en chemin, après chaque arrêt ou chaque chute. Mais cela requiert notre assentiment, notre disponibilité à nous laisser transformer nous-mêmes, notre façon de penser et d’agir; sinon les célébrations eucharistiques auxquelles nous participons se réduisent à des rites vides et formels. Si souvent on va à la messe juste parce que l’on doit y aller, comme un acte social, respectueux, mais social. Mais le mystère c’est une autre chose: c’est Jésus qui vient pour nous nourrir.
Le deuxième effet est communautaire et saint Paul l’exprime par ces paroles: « Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain » (v. 17). Il s’agit de la communion mutuelle de ceux qui participent à l’Eucharistie, au point de devenir un corps, comme le pain que l’on rompt et que l’on distribue est unique. Nous sommes communauté, nourris par le corps et par le sang du Christ. La communion au corps du Christ est un signe efficace d’unité, de communion, de partage. On ne peut pas participer à l’Eucharistie sans s’engager à une fraternité mutuelle, qui soit sincère. Mais le Seigneur sait bien que nos seules forces humaines ne suffisent pas pour cela. Et même, il sait que parmi ses disciples il y aura toujours la tentation de la rivalité, de l’envie, des préjugés, de la division … Nous connaissons tous ces choses. C’est aussi pour cela qu’il nous a laissé le Sacrement de sa Présence réelle, concrète et permanente, de façon à ce qu’en restant unis à Lui, nous puissions toujours recevoir le don de l’amour fraternel. « Demeurez dans mon amour » (Jn 15, 9), a dit Jésus; et c’est possible grâce à l’Eucharistie. Demeurer dans l’amitié, dans l’amour.
Ce double fruit de l’Eucharistie – le premier, l’union avec le Christ, et le second, la communion entre tous ceux qui nourrissent de Lui -, génère et renouvelle constamment la communauté chrétienne. C’est l’Église qui fait l’Eucharistie, mais ce qui est plus fondamental c’est que l’Eucharistie fait l’Église et lui permet d’être sa mission, avant même de l’accomplir. Voilà le mystère de la communion, de l’Eucharistie: recevoir Jésus pour qu’il nous transforme de l’intérieur et recevoir Jésus pour qu’il fasse de nous l’unité et non la division.
Que la Sainte Vierge nous aide à toujours accueillir avec émerveillement et gratitude le grand don que Jésus nous a faits en nous laissant le Sacrement de son corps et de son sang."

2481 - Pape François - Angélus du 7 juin 2020

« Le Cœur humain et divin de Jésus est la source où nous pouvons toujours puiser la miséricorde, le pardon, la tendresse de Dieu. Nous pouvons le faire en nous arrêtant sur un passage de l’Évangile, en entendant qu’au centre de chaque geste, de chaque parole de Jésus, au centre il y a l’amour, l’amour du Père qui a envoyé son Fils, l’amour de l’Esprit Saint qui est en nous. Et nous pouvons le faire en adorant l’Eucharistie, où cet amour est présent dans le Sacrement. Alors notre cœur aussi, peu à peu, deviendra plus patient, plus généreux, plus miséricordieux, à l’imitation du Cœur de Jésus.
Il y a une vieille prière – je l’ai apprise de ma grand-mère – qui disait ainsi : “Jésus, rends mon cœur semblable au tien”. C’est une belle prière.»

2142

    Prière de l'Angélus
- L’ange du Seigneur porta l’annonce à Marie.
R- Et elle conçut du Saint-Esprit.


Je vous salue Marie,
pleine de grâce
Le Seigneur est avec vous,
vous êtes bénie entre toutes les femmes
et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie,
Mère de Dieu,
priez pour nous,
pauvres pécheurs
maintenant et à l’heure de notre mort.

- « Voici la servante du Seigneur.
R- Qu’il me soit fait selon votre parole. »

Je vous salue Marie,…

- Et le Verbe s’est fait chair.
R- Et il a habité parmi nous.


Je vous salue Marie, …

- Priez pour nous, sainte Mère de Dieu.
R- Afin que nous devenions dignes des promesses du Christ.


Prions le Seigneur :
Que ta grâce, Seigneur notre Père,
se répande en nos cœurs ;
Par le message de l’ange,
Tu nous as fait connaître l’incarnation de ton Fils bien-aimé ;
conduis-nous, par sa Passion et par sa Croix,
jusqu’à la gloire de la Résurrection.
Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.
Amen.

2141

    pape François
      (Angélus du 8 mars 2020 - Transfiguration : « le témoin du Christ est choisi par grâce non par ses capacités »)
Chers frères et sœurs, bonjour !
Cette prière de l’angélus d’aujourd’hui est un peu étrange, avec le pape “en cage” dans la bibliothèque, mais je vous vois, je suis proche de vous. Et je voudrais commencer aussi en remerciant ce groupe [présent place Saint-Pierre] qui manifeste et qui lutte “Pour les oubliés d’Idlib”. Merci ! Merci pour ce que vous faites. Mais nous prions l’angélus de cette façon aujourd’hui en appliquant des dispositions préventives, afin d’éviter de petites affluences de personnes, qui peuvent favoriser la transmission du virus.
L’Evangile de ce deuxième dimanche de Carême (cf. Mt 17,1-9) nous présente le récit de la Transfiguration de Jésus. Ce dernier prend avec lui Pierre, Jacques et Jean et il monte sur une haute montagne, symbole de la proximité avec Dieu, pour les ouvrir à une compréhension plus profonde du mystère de sa personne, qui devra souffrir, mourir puis ressusciter. En effet, Jésus avait commencé à leur parler des souffrances, de la mort et de la résurrection qui l’attendaient, mais ils ne pouvaient accepter cette perspective. C’est pourquoi, parvenus au sommet de la montagne, Jésus s’immerge en prière et se transfigure devant les trois disciples : « son visage – dit l’Évangile – devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière» (v. 2).
A travers l’événement merveilleux de la Transfiguration, les trois disciples sont appelés à reconnaître en Jésus le Fils de Dieu resplendissant de gloire. Ils progressent ainsi dans la connaissance de leur Maître, en se rendant compte que l’aspect humain n’exprime pas toute sa réalité ; la dimension divine et d’un autre monde de Jésus est révélée à leurs yeux. Et d’en haut résonne une voix qui dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé […]. Ecoutez-le » (v. 5). C’est le Père céleste qui confirme l’“investiture” – appelons-la ainsi – de Jésus faite au jour de son baptême dans le Jourdain et qui invite les disciples à l’écouter et à le suivre.
Il faut souligner que, parmi le groupe des Douze, Jésus choisit d’emmener avec lui Pierre, Jacques et Jean sur la montagne. Il leur réserve à eux le privilège d’assister à la transfiguration. Mais pourquoi fait-il cette élection de ces trois-là ? Parce qu’ils sont plus saints ? Non. Pierre le reniera à l’heure de l’épreuve ; et les deux frères Jacques et Jean demanderont à avoir les premières places dans son royaume (cf. Mt 20,20-23). Jésus ne choisit pas selon nos critères, mais selon son dessein d’amour. L’amour de Jésus n’a pas de mesure : il est amour, et Il choisit selon ce dessein d’amour. Il s’agit d’un choix gratuit, inconditionnel, d’une initiative libre, d’une amitié divine qui ne demande rien en échange. Et de la même façon qu’il appelle ces trois disciples, aujourd’hui aussi il appelle certains à rester près de lui, pour pouvoir témoigner. Etre témoins de Jésus est un don que nous n’avons pas mérité : nous nous sentons inadéquats, mais nous ne pouvons pas reculer avec l’excuse de notre incapacité.
Nous ne sommes pas allés sur le Mont Tabor, nous n’avons pas vu de nos yeux le visage de Jésus briller comme le soleil. Cependant, la Parole du salut nous a été confiée à nous aussi, la foi nous a été donnée et nous avons fait l’expérience, de diverses façons, de la joie de la rencontre avec Jésus. A nous aussi Jésus dit : « Relevez-vous et soyez sans crainte » (Mt 17,7). En ce monde, marqué par l’égoïsme et par l’avidité, la lumière de de Dieu est assombrie pour les préoccupations du quotidien. Nous disons souvent : je n’ai pas le temps de prier, je ne suis pas capable de rendre un service en paroisse, de répondre aux demandes des autres… Mais nous ne devons pas oublier que le Baptême que nous avons reçu nous rend témoins, non pas de part nos capacités, mais par le don de l’Esprit.
Durant ce temps propice du Carême, que la Vierge Marie nous obtienne cette docilité à l’Esprit, qui est indispensable pour nous mettre résolument en chemin sur la voie de la conversion. 

1832

     pape François 
(Angélus, mercredi 1er janvier 2020)
Paroles du pape François avant l’angélus
Chers frères et sœurs, bonjour! Et Bonne année!
Hier soir, nous avons terminé l’année 2019 en remerciant Dieu pour le don du temps et tous ses bienfaits. Aujourd’hui, nous entamons 2020 avec la même attitude de gratitude et de louange. Il n’est pas évident que notre planète ait entamé une nouvelle tournée autour du soleil et que nous, les êtres humains, continuions d’y vivre. Ce n’est pas évident, au contraire, c’est toujours un « miracle » dont il faut s’émerveiller et être reconnaissant.
Le premier jour de l’année, la liturgie célèbre la Sainte Mère de Dieu, Marie, la Vierge de Nazareth qui a donné naissance à Jésus, le Sauveur. Cet enfant est la bénédiction de Dieu pour tout homme et toute femme, pour la grande famille humaine et pour le monde entier.
Jésus n’a pas enlevé le mal du monde mais l’a vaincu à la racine. Son salut n’est pas magique, mais c’est un salut « patient », c’est-à-dire qu’il implique la patience de l’amour, qui prend en charge l’iniquité et lui enlève son pouvoir. La patience de l’amour: l’amour nous rend patients. Si souvent, nous perdons patience; moi aussi, et je vous demande de m’excuser pour le mauvais exemple d’hier. C’est pourquoi, en contemplant la crèche, nous voyons, avec les yeux de la foi, le monde renouvelé, libéré de la domination du mal et placé sous la seigneurie royale du Christ, l’Enfant couché dans la crèche.
C’est pourquoi aujourd’hui la Mère de Dieu nous bénit. Et comment la Vierge Marie nous bénit-elle? En nous montrant son Fils. Elle le prend dans ses bras et nous le montre, et ainsi elle nous bénit. Elle bénit toute l’Église, elle bénit le monde entier. Jésus, comme les anges le chantaient à Bethléem, est la «joie pour tout le peuple», il est la gloire de Dieu et la paix pour les hommes (cf. Lc 2, 14). Et c’est la raison pour laquelle le Saint-Pape Paul VI a voulu consacrer le premier jour de l’année à la paix – c’est le Jour de la paix – à la prière, à la prise de conscience et de la responsabilité pour la paix. Pour cette année 2020, le Message est le suivant: la paix est un chemin d’espérance, un chemin dans lequel nous avançons à travers le dialogue, la réconciliation et la conversion écologique.
Fixons donc notre regard sur la Mère et son Fils qu’elle nous montre. Au début de l’année, laissons-nous vous bénir! Laissons-nous bénir par la Vierge Marie avec son Fils.
Jésus est la bénédiction pour ceux qui sont opprimés par le joug des esclavages, des esclavages moraux et des esclavages matériels. Il nous libère par son amour. A ceux qui ont perdu leur estime de soi en restant prisonnier de cercles vicieux, Jésus dit: le Père t’aime, ne t’abandonne pas, attend ton retour avec une patience inébranlable (cf. Lc 15, 20). À ceux qui sont victimes d’injustice et d’exploitation et qui ne voient pas d’issue, Jésus ouvre la porte de la fraternité, où trouver des visages, des coeurs et des mains accueillants, où partager l’amertume et le désespoir, et retrouver un peu de dignité. Jésus s’approche de celui qui est gravement malade et se sent abandonné et découragé, touche les plaies avec tendresse, verse l’huile de la consolation et transforme la faiblesse en force de bien pour défaire les nœuds les plus emmêlés. A ceux qui sont en prison et tentés de s’enfermer sur eux-mêmes, Jésus rouvre un horizon d’espérance, à partir d’un petit rayon de lumière.
Chers frères et sœurs, descendons des piédestaux de notre orgueil – nous avons tous la tentation de l’orgueil – et demandons la bénédiction de la Sainte Mère de Dieu, l’humble Mère de Dieu. Elle nous montre Jésus: laissons-nous bénir, nous ouvrons notre cœur à son bonté. Ainsi l’année qui commence sera un chemin d’espérance et de paix, non pas en paroles, mais par des gestes quotidiens de dialogue, de réconciliation et de souci de la création.

1831

     pape François 
(Angélus, 1er janvier 2020)
"Jésus n’a pas enlevé le mal du monde mais l’a vaincu à la racine. Son salut n’est pas magique, mais c’est un salut « patient », c’est-à-dire qu’il implique la patience de l’amour, qui prend en charge l’iniquité et lui enlève son pouvoir. La patience de l’amour: l’amour nous rend patients. Si souvent, nous perdons patience; moi aussi, et je vous demande de m’excuser pour le mauvais exemple d’hier. C’est pourquoi, en contemplant la crèche, nous voyons, avec les yeux de la foi, le monde renouvelé, libéré de la domination du mal et placé sous la seigneurie royale du Christ, l’Enfant couché dans la crèche." 

1780

     pape François 
(Angélus du 14 décembre 2014)
La maison de la joie
Le coeur de l'homme désire la joie. Nous désirons tous la joie : chaque famille, chaque peuple aspire au bonheur. Mais quelle est cette joie que le chrétien est appelé à vivre et à témoigner ! C'est celle qui vient de la proximité de Dieu, de sa Présence dans notre vie. Depuis que Jésus est entré dans l'histoire, en naissant à Bethléem, l'humanité a reçu le germe du royaume de Dieu, comme un terrain reçoit la semence, la promesse d'une récolte à venir. Il n'est plus nécessaire de chercher toujours. Il ne s'agit pas d'une joie seulement espérée ou reportée au paradis : ici, sur terre, nous sommes tristes, mais au paradis nous serons joyeux. Non ! Ce n'est pas cette joie-là. Cette joie est bien réelle et l'on peut en faire l'expérience dès à présent, parce que Jésus Lui-même est notre joie, et avec Jésus la joie est là. Comme le dit votre écriteau : "Avec Jésus, la joie est là," Encore une fois :"Avec Jésus, la joie est là." Et sans Jésus, y-a-t'il de la joie ? Non  ! Il est Vivant, Il est le Ressuscité, et Il agit en nous et parmi nous par la Parole et les Sacrements. Nous tous, baptisés, enfants de l'Église, nous sommes appelés à accueillir une fois encore la présence de Dieu parmi nous et à aider les autres à la découvrir, ou à la redécouvrir pour ceux qui l'auraient perdue. C'est une très belle mission, semblable à celle de Jean-Baptiste : orienter tout un chacun vers le Christ -pas vers soi-même !- parce que c'est vers Lui que tend le coeur de tout homme qui recherche la joie et le bonheur."

1779

     pape François 
(Angélus du 15 décembre 2013)
Aux coeurs égarés
"Le troisième Dimanche de l'Avent, également appelé dimanche de Gaudete, est le jour de la joie. Dans la liturgie résonne plusieurs fois l'invitation à la joie, l'invitation à se réjouir. Pourquoi ? parce que le Seigneur est proche. Noël est proche. Le message chrétien s'appelle "Évangile", c'est-à-dire "Bonne Nouvelle", une annonce de joie pour tout le peuple. L'Église n'est pas un refuge pour les gens tristes, l'Église est la maison de la joie ! Et ceux qui se sentent tristes trouvent en elle la joie, ils trouvent en elle la véritable joie ! Mais la joie de l'Évangile n'est pas quelconque ni injustifiée. Elle vient du sentiment d'être accueilli et aimé de Dieu. Comme le prophète Isaïe nous le rappelle : "Aux cœurs égarés, dites : Courage, n'ayez crainte ! " Dieu est Celui qui vient nous sauver, et Il apporte plus particulièrement son secours aux cœurs égarés. Sa venue parmi nous fortifie, stimule, donne du courage, fait exulter et fleurir le désert et la steppe, c'est-à-dire notre vie quand elle devient aride. Et quand notre vie devient-elle aride ? Quand elle est privée de l'eau de la parole de Dieu et de son esprit d'amour." 

1778

     pape François 
(Angélus du 7 décembre 2014)
L'Esprit consolateur
" C'est curieux, nous avons souvent peur de la consolation, d'être consolés. Nous nous sentons plus en sécurité dans la tristesse et la désolation. Savez-vous pourquoi ? Car dans la tristesse, nous nous sentons presque acteur. En revanche, dans la consolation, c'est l'Esprit Saint, le protagoniste ! C'est Lui qui nous console, Lui qui nous donne le courage de sortir de nous-même. C'est Lui, le Père, qui nous mène à la réelle consolation. C'est cela la conversion. S'il vous plaît, laissez-vous consoler par le Seigneur ! Laissez-vous consoler par le Seigneur !"  

1705

     pape François 
( Angélus, 7 décembre 2014)
"Besoin de consolation "

" Laissons l'invitation d'Isaïe résonner dans notre coeur : " Consoler, consolez mon peuple." Aujourd'hui, nous avons besoin de témoins de la miséricorde et de la tendresse du Seigneur, car Il secoue les résignés. Il ranime ceux qui doutent, Il allume le feu de l'espérance. C'est Lui qui allume le feu de l'espérance ! Pas nous. Le message d'Isaïe est un baume pour nos blessures, un encouragement à préparer activement la voie du Seigneur. "

1704

     pape François 
( Angélus, 7 décembre 2014)
"Vides et bosses "

" Je pense à tous ceux qui sont opprimés par la souffrance, l'injustice et les abus. A tous ceux qui sont esclaves du pouvoir, de l'argent, des succès, de la mondanité. Les pauvres ! Leur consolation est factice. Ils ne reçoivent pas la vraie consolation du Seigneur ! Nous sommes tous appelés à consoler nos frères, en témoignant que seul Dieu peut éliminer les causes des drames existentiels et spirituels. Il peut le faire ! Il est puissant !
Le prophète Isaïe s'adresse à notre coeur pour nous dire que Dieu oublie nos péchés et nous console. Si nous nous tournons vers Lui le coeur humble et repenti. Il abattra les murs du mal, Il comblera les vides causés par nos négligences, Il lissera les bosses de l'orgueil et de la vanité et Il ouvrira la voie de notre rencontre avec Lui. " 

1565

   pape François 
(Angélus 11/08/2019)


"Il nous est demandé de garder « les lampes allumées », pour être en mesure d’éclairer l’obscurité de la nuit. C’est-à-dire que nous sommes invités à vivre une foi authentique et mature, capable d’éclairer les nombreuses “nuits” de la vie. Nous le savons, nous avons tous vécu des jours qui étaient de vraies nuits spirituelles. La lampe de la foi demande d’être nourrie en continu, par la rencontre Cœur à cœur avec Jésus dans la prière et dans l’écoute de sa Parole. "

1409

   pape François 

Regina Caeli de ce Dimanche 19 mai 2019
"Jésus ouvre toujours des horizons d’espérance, son amour ouvre des horizons d’espérances. Cet amour fait de nous de nouveaux hommes, frères et soeurs dans le Seigneur, et fait de nous le nouveau Peuple de Dieu, c’est-à-dire l’Église, dans laquelle tous sont appelés à aimer le Christ et en Lui à s’aimer mutuellement.
L’amour qui s’est manifesté dans la croix de Christ et qu’Il nous appelle à vivre est la seule force qui transforme notre cœur de pierre en cœur de chair; cet amour nous rend capables d’aimer nos ennemis et de pardonner à ceux qui nous ont offensés."
pape François ce Dimanche 19 mai 2019 


1127

     Pape François
      (Angélus du 26 décembre 2018)
Chers frères et soeurs, bonjour!
La joie de Noël inonde encore nos cœurs : Il continue de résonner encore la merveilleuse annonce que le Christ est né pour nous et apporte au monde la paix. Dans cet atmosphère de joie, nous célébrons aujourd’hui la fête de saint Etienne, diacre et premier martyr. Il pourrait sembler étrange de rapprocher le souvenir de saint Etienne de la naissance de Jésus, à cause du contraste entre la joie de Bethléem et le drame d’Etienne, lapidé à Jérusalem lors de la première persécution contre l’Eglise naissante.
En réalité il n’en est pas ainsi, car l’Enfant Jésus est le Fils de Dieu fait homme qui sauvera l’humanité en mourant sur la Croix. Maintenant, nous Le contemplons enveloppé de langes, dans la crèche ; Après sa crucifixion, Il sera à nouveau enveloppé de linges et déposé dans un sépulcre.
Saint Etienne fut le premier à suivre les traces du Divin Maître par le martyre. Il est mort comme Jésus, confiant sa vie à Dieu, et en pardonnant.. 
Deux attitudes: il confiait sa vie à Dieu et il pardonnait à ses persécuteurs. Alors qu’il se faisait lapider, Etienne disait : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit. » (Ac 7, 59). Ces Paroles ressemblent beaucoup à celles prononcées par Jésus sur la Croix : « Père, en tes mains, je remets mon esprit » (Lc 23, 46).L’attitude d’Etienne qui imite fidèlement le geste de Jésus est une invitation adressée à chacun d’entre nous d’accueillir avec foi, de la part du Seigneur, ce que la vie nous réserve de positif et même de négatif.
Notre existence est marquée non seulement par des circonstances heureuses, nous le savons, mais également par des moments de difficulté et d’égarement. Mais la confiance en Dieu nous aide à accepter les moments difficiles et à les vivre comme une opportunité de croissance dans la foi et de construction de nouvelles relations avec nos frères.
Il s’agit de nous abandonner entre les mains du Seigneur, que nous savons être un Père riche en bonté envers Ses enfants.
La deuxième attitude par laquelle saint Etienne a imité Jésus au moment extrême de la croix, a été le pardon. Il ne maudit pas ses persécuteurs, mais il prie pour eux : « se mettant à genoux, il cria d’une voix forte : ‘Seigneur, ne leur compte pas ce péché’ » (Ac 7, 60). 
Nous sommes appelés à apprendre de Lui à pardonner, à pardonner toujours, ce n’est pas facile de le faire, nous le savons. Le pardon ouvre le cœur, génère le partage, donne sérénité et paix. 
Le proto-martyr Etienne, nous montre le chemin à suivre dans les relations interpersonnelles au sein de la famille, à l’école, les lieux de travail, en paroisse, et dans les différentes communautés. 
Toujours ouverts au pardon. La logique du pardon et de la miséricorde est toujours gagnante, toujours ! Et elle ouvre des horizons d’espérance. 
Mais le pardon se cultive par la prière car il n’est pas facile de pardonner, et la prière nous permet de garder les yeux fixés sur Jésus. Etienne a pardonné à ses assassins parce que, rempli de l’Esprit-Saint, il fixait le Ciel et ouvrait les yeux vers Dieu (cf. Ac 7,55). 
De la prière, lui est venue la force de subir le martyre. Nous devons prier avec insistance l’Esprit Saint pour que l’Esprit-saint nous donne le don de force, qui guérit nos peurs, nos faiblesses, nos petitesses, et dilate notre coeur pour pardonner. Pardonner toujours !Invoquons l’intercession de la Vierge Marie et de saint Etienne : que leur prière nous aide toujours à nous confier à Dieu, particulièrement dans les moments difficiles, et qu’elle nous soutienne dans nos propos pour être des hommes et des femmes capables de pardonner.

1126

PAPE François
Angélus du Dimanche 30 décembre 2018

(Fête de la sainte Famille)
Lecture de l’Evangile selon saint Luc (Lc 2, 41-52) : Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume. À la fin de la fête, comme ils s’en retournaient, le jeune Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents. Pensant qu’il était dans le convoi des pèlerins, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances. Ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem, en continuant à le chercher. C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions, et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant ! » Il leur dit :« Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? » Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait. Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements. Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, devant Dieu et devant les hommes.
Chers frères et soeurs, bonjour !
Aujourd’hui nous célébrons la fête de la Sainte Famille et la liturgie nous invite à réfléchir sur l’expérience de Marie, de Joseph et de Jésus, unis par un amour intense et animés par une grande confiance en Dieu. L’extrait de l’Évangile d’aujourd’hui (cf. Lc 2,41-52) ) raconte le voyage de la famille de Nazareth vers Jérusalem pour la fête de Pâque. Mais durant le voyage du retour, les parents se rendent compte que leur fils de douze ans n’est plus dans la caravane. Après trois jours de recherche et d’inquiétude, ils le trouvent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la loi, essayant de discuter avec eux. À la vue de leur Fils, Marie et Joseph « furent frappés d’étonnement » (v. 48) et sa Mère lui exprima leur appréhension en disant: « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant ! ». L’étonnement et l’angoisse. Ce sont les deux éléments sur lesquels je voudrais attirer votre attention : Etonnement et angoisse.
Dans la famille de Nazareth, il y a toujours eu de l’étonnement, même dans les moments dramatique comme celui de l’égarement de Jésus : c’est la capacité de s’étonner face à la manifestation graduelle du Fils de Dieu, c’est le même étonnement qui frappe aussi les docteurs du Temple admiratifs de son intelligence et de ses réponses (cf : v. 47). Mais qu’est ce que c’est que cet étonnement, qu’est-ce que ça veut dire « s’étonner » ? Être saisi d’étonnement et s’émerveiller c’est le contraire de prendre tout pour acquis, c’est le contraire de l’interprétation de la réalité qui nous environne et des événements de l’histoire selon nos propres critères. Celui qui agit comme cela ne sait ce que sait que l’étonnement, l’admiration, l’émerveillement.
S’étonner, c’est s’ouvrir aux autres, comprendre les raisons des autres : ce comportement est important pour assainir les rapports entre les personnes et c’est indispensable aussi pour guérir les blessures ouvertes dans le milieu familial. Quand il y a des problèmes dans les familles, on prend pour acquis que nous avons raison et ainsi nous fermons la porte aux autres. Mais essayons de voir ce qu’il y a de bon chez les autres et de s’émerveiller pour ce qui est « bon » ! C’est ce qui aide à maintenir l’unité dans la famille. Si vous avez des problèmes dans votre famille, pensez aux bonnes choses que cette personne avec qui vous avez des problèmes à en elle, et cela aidera à guérir les blessures dans la famille. Le second élément que je voudrais souligner dans l’Évangile est l’angoisse qu’éprouvent Marie et Joseph quand ils ne réussissent pas à trouver Jésus : cette angoisse manifeste la centralité de Jésus dans la Sainte Famille. La Vierge et son époux avaient accueilli ce Fils, ils le gardaient et le regardaient grandir en sagesse, en âge, et en grâce au milieu d’eux, mais surtout, Il grandissait à l’intérieur de leurs cœurs; et, petit à petit, leur affection et leur compréhension envers Lui augmentaient.
Voilà pourquoi la famille de Nazareth est sainte: parce qu’elle était centrée sur Jésus, toutes les attentions et les sollicitudes de Marie et de Joseph sont tournées vers Lui. Cette angoisse qu’ils éprouvèrent pendant ces trois jours durant lesquels Jésus a disparu, devrait également être notre angoisse lorsque nous sommes loin de lui. Nous devrions éprouver de l’angoisse lorsque pendant plus de trois jours nous oublions Jésus, sans prier, sans lire l’Evangile, sans ressentir le besoin de sa Présence et de son amitié consolatrice. Très souvent il se passe plusieurs jours sans que je ne me souvienne de Jésus, et ça, ce n’est vraiment pas bien. Nous devrions ressentir de l’angoisse quand cela arrive.
Marie et Joseph le cherchèrent et le trouvèrent dans le Temple alors qu’il enseignait: nous aussi, c’est surtout dans la maison de Dieu que nous pouvons rencontrer le Divin Maître et accueillir son message de salut. Dans la célébration Eucharistique, nous faisons l’expérience Vivante du Christ; Il nous parle, Il nous offre sa Parole qui illumine notre chemin, Il nous donne son Corps dans l’Eucharistie, d’où nous puisons la vigueur pour affronter les difficultés de chaque jour.
Aujourd’hui nous allons retourner dans nos maisons avec ces deux mots: étonnement et angoisse. Je sais être étonné quand je vois des choses bonnes faites par les autres, et je ressens de l’angoisse quand je me suis éloigné de Jésus. Prions pour toutes les familles du monde, spécialement aujourd’hui pour celles en lesquelles pour diverses raisons, la paix et l’harmonie sont absentes, et confions-les à la protection de la Sainte Famille de Nazareth.

1125

PAPE François
Angélus du 1er janvier 2019

Paroles du pape François
Chers frères et sœurs, bonjour et bonne année à tous !
Aujourd’hui, huitième jour après Noël, nous célébrons la sainte Mère de Dieu. Comme les bergers de Bethléem gardons le regard fixé sur elle et sur l’Enfant qu’elle tient dans ses bras. Et de cette façon, en nous montrant Jésus, la mère de notre Sauveur nous bénit. Aujourd’hui la Vierge Marie nous bénit tous. Tous. Elle bénit le chemin de chaque homme et de chaque femme en cette année qui commence, et qui sera une bonne année dans la mesure où chacun accueillera la bonté de Dieu que Jésus est venu apporter dans le monde. En effet, c’est la bénédiction de Dieu qui donne « corps » à tous les vœux qui sont échangés ces jours-ci. Et aujourd’hui la liturgie rapporte l’antique bénédiction avec laquelle les prêtres d’Israël bénissaient le peuple. Écoutons bien, elle se récite ainsi : « Que le Seigneur te bénisse et te garde !

“Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’Il te prenne en grâce ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’Il t’apporte la paix !” (Nb 6,24-26). Voilà une bénédiction très ancienne.
Par trois fois, le prêtre répétait le nom de Dieu, “Seigneur”, en étendant ses mains vers le peuple rassemblé. Dans la Bible, en effet, le nom représente la réalité même qui est invoquée, et ainsi, “mettre le nom” du Seigneur sur une personne, une famille, une communauté, signifie leur offrir la force qui vient de Lui.
Dans cette même formule, par deux fois on nomme le “visage”, du Seigneur. Le prêtre prie pour que Dieu le “fasse briller” et le “tourne” vers son peuple, et lui accorde la miséricorde et la paix.
Nous savons que selon les Écritures, le visage de Dieu est inaccessible à l’homme : personne ne peut voir Dieu et rester en vie. Cela exprime la transcendance de Dieu, la grandeur infinie de sa gloire. Mais la gloire de Dieu est tout Amour, et donc, tout en restant inaccessible, comme un Soleil que l’on ne peut pas regarder, il irradie sa grâce sur chaque créature et, plus particulièrement, sur les hommes et les femmes, dans lesquels Il se reflète le plus.
« Lorsqu’est venue la plénitude des temps » (Ga 4,4), Dieu s’est révélé dans le visage d’un homme, Jésus, « né d’une femme ». Et ici nous revenons à l’icône de la fête d’aujourd’hui, de laquelle nous sommes partis : l’icône de la Sainte Mère de Dieu, qui nous montre son Fils, Jésus Christ, Sauveur du monde. Il est la Bénédiction pour chaque personne et pour la famille humaine toute entière. Lui, Jésus, est la source de grâce, de miséricorde et de paix.
C’est pour cette raison que le saint pape Paul VI a voulu que le 1er janvier soit la Journée mondiale de la paix ; et aujourd’hui nous célébrons la 52e journée qui a pour thème : « La bonne politique est au service de la paix ». Nous ne devons pas penser que la politique soit réservée uniquement aux gouvernants : nous sommes tous responsables de la vie de la “cité”, du bien commun ; et la politique est bonne dans la mesure où chacun joue son rôle au service de la paix.
Que la Sainte Mère de Dieu nous aide dans cet engagement quotidien. Et je voudrais que nous la saluions tous à présent en disant tous trois fois « Sainte Mère de Dieu ! »
Le Saint-Père bénit la foule en prononçant cette Parole « Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il te prenne en grâce ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’Il t’apporte la paix ! » (Nb 6,24-26)
Bon déjeuner, au revoir.

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PAPE François
Angélus du 6 janvier 2019
Solennité de l’Epiphanie du Seigneur

Evangile selon saint Matthieu (Mt 2, 1-12)


L'Adoration des mages par le peintre et graveur italien Andrea Mantegna, (1431-1506) - musée du Louvre

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu : Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ. Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. » Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. » Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant. Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.
Paroles du pape avant l’angélus
Chers frères et sœurs, bonjour !

"La Nativité" par le peintre autrichien Rosa Schwenniger (1849-1918)



Aujourd’hui, la solennité de l’Épiphanie du Seigneur, est la fête de la manifestation de Jésus symbolisée par la lumière. Dans les textes prophétiques, cette lumière est promise. Isaïe, se tourne vers le peuple de Jérusalem avec ces mots : « Debout, Jérusalem, resplendis ! Elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. » (Is 60,1). L’invitation du prophète apparaît surprenante, surprenante car elle se situe au lendemain du dur exil et des nombreuses vexations que le peuple avait traversées.
Cette invitation est valable aujourd’hui pour nous aussi, qui avons célébré la naissance du Christ et elle nous invite à nous lever, et à nous diriger vers la lumière de Bethléem. Nous aussi nous sommes invités à ne pas nous arrêter aux signes extérieurs de l’événement, mais à repartir de lui pour parcourir notre chemin d’hommes et de croyants dans la nouveauté de notre vie.
La lumière annoncée par le prophète Isaïe est présente et rencontrée dans l’Evangile. C’est Jésus, né à Bethléem, cité de David, qui est venu apporter le salut à ceux qui sont proches et à ceux qui sont plus loin. L’évangéliste Matthieu montre différentes façons de rencontrer le Seigneur et de réagir à sa Présence. Par exemple, Hérode et les scribes de Jérusalem ont un cœur dur, qui s’obstine et refuse la visite de cet Enfant. C’est une possibilité de se fermer à la Lumière ! Ils représentent tous ceux qui, aujourd’hui encore, ont peur de la venue de Jésus et ferment leur cœur aux frères et sœurs qui ont besoin d’aide. Hérode a peur de perdre le pouvoir et ne pense pas au véritable bien du peuple, mais à son intérêt personnel. Les scribes et les dirigeants du peuple ont peur car ils ne savent pas regarder au-delà de leurs certitudes, et ainsi, ils ne parviennent pas à saisir la nouveauté qui est en Jésus.
L’expérience des mages est en revanche très différente (cf. Mt 2,1-12). Venus de l’Orient, ils représentent tous les peuples éloignés de la foi juive traditionnelle. Et pourtant, ils se laissent guider par l’étoile et font face à un long et risqué voyage pour arriver à destination et connaître la vérité sur le Messie. Les Mages étaient ouverts à la “nouveauté”, et c’est à eux que se révèle la plus grande et la plus surprenante nouveauté de l’histoire : Dieu fait homme. Les Mages se prosternent devant Jésus et lui offrent des cadeaux symboliques : de l’or, de l’encens et de la myrrhe ; parce que la recherche du Seigneur implique non seulement la persévérance sur le chemin, mais aussi la générosité du cœur. Et finalement, ils repartent dans leur pays (v. 12) ; et l’Evangile nous dit qu’ils retournent chez eux par “un autre chemin ”.



Frères et sœurs, chaque fois qu’un homme ou une femme rencontre Jésus, il change de chemin, il revient à la vie d’une façon différente. Ils regagnent leur pays en emportant en eux le Mystère de cet humble et pauvre Roi ; et nous pouvons imaginer qu’ils racontèrent à tout le monde l’expérience qu’ils ont vécue : le Salut offert par Dieu dans le Christ est pour tous les hommes, proches et lointains, et il n’est pas possible de prendre possession de cet Enfant car Il est un don pour tous.
Nous aussi, faisons un peu de silence dans notre cœur et laissons-nous illuminer par la lumière du Christ qui vient de Bethléem. Ne permettons pas à nos peurs de fermer notre cœur, mais ayons le courage de nous ouvrir à cette lumière douce et discrète. Ensuite, comme les Mages, nous connaîtrons « une très grande joie » (v. 10) que nous ne pourrons pas garder pour nous.
Que la Vierge Marie, étoile qui nous amène à Jésus nous soutienne sur ce chemin.
Vidéo traduite en français : https://www.vaticannews.va/fr/pape-francois/angelus/2019-01/angelus-6-janvier-2019.html


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Questions de Foi
A bientôt !

1122

PAPE François 
Angélus du 20 janvier 2019
Commentaire de l’Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 2, 1-11) - 2ème Dimanche du Temps Ordinaire - Année C
En ce temps-là, il y eut un mariage à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là. Jésus aussi avait été invité au mariage avec ses disciples. Or, on manqua de vin. La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont pas de vin. » Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. » Sa mère dit à ceux qui servaient : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. » Or, il y avait là six jarres de pierre pour les purifications rituelles des Juifs ; chacune contenait deux à trois mesures, (c’est-à-dire environ cent litres). Jésus dit à ceux qui servaient : « Remplissez d’eau les jarres. » Et ils les remplirent jusqu’au bord. Il leur dit : « Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent. Et celui-ci goûta l’eau changée en vin. Il ne savait pas d’où venait ce vin, mais ceux qui servaient le savaient bien, eux qui avaient puisé l’eau. Alors le maître du repas appelle le marié et lui dit : « Tout le monde sert le bon vin en premier et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. » Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C’était à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui. – Acclamons la Parole de Dieu.
Paroles du pape François avant l’Angélus
Chers frères et soeurs, bonjour!
Dimanche dernier, avec la fête du Baptême du Seigneur, nous avons commencé le chemin du temps liturgique dit « ordinaire »: le temps pour suivre Jésus dans sa vie publique, dans la mission pour laquelle le Père l’a envoyé dans le monde. L’évangile de ce jour (cf. Jn 2, 1-11), relate le premier des miracles de Jésus, que l’évangéliste Jean appelle des « signes », parce que Jésus ne le fit pas pour susciter l’émerveillement, mais pour révéler l’amour du Père. Le premier de ces signes prodigieux a lieu dans le village de Cana, en Galilée, lors de la fête d’un mariage.
Ce n’est pas un hasard si, au début de la vie publique de Jésus, il y a une cérémonie de mariage, car en Lui Dieu a épousé l’humanité: c’est cela la bonne nouvelle, même si ceux qui l’ont invité ne savent pas encore qu’à leur table est assis le Fils de Dieu et que le véritable Epoux c’est Lui.
En effet, tout le Mystère du signe de Cana est fondé sur la présence de cet Epoux divin qui commence à se révéler. Jésus se manifeste comme l’Epoux du peuple de Dieu, annoncé par les prophètes, et nous révèle la profondeur de la relation qui nous unit à Lui: c’est une nouvelle Alliance d’amour.
Dans le contexte de l’Alliance, le sens du symbole du vin, qui est au centre de ce miracle, est parfaitement compris. C’est précisément quand la fête est à son apogée que le vin est fini; la mère de Jésus le remarque et lui dit : « Ils n’ont pas de vin » (v. 3). Parce que continuer la fête avec de l’eau ne serait pas un bon signe! La mère de Jésus s’en rend compte et le prévient. Les Écritures, en particulier les prophètes, désignaient le vin comme étant un élément type du banquet messianique (cf. Am 9,13-14; Jl 2,24; Is 25,6). L’eau est nécessaire pour vivre, mais le vin exprime l’abondance du banquet et la joie de la fête. Une fête sans vin? Je ne sais pas… En transformant en vin l’eau des jarres utilisées « pour la purification rituelle des Juifs » (v. 6), (c’était une habitude avant d’entrer dans une maison de se purifier), Jésus fait un signe éloquent : Il transforme la Loi de Moïse en Evangile, porteur de joie.
Les mots que Marie adresse à ceux qui servaient viennent couronner le cadre marial de Cana: « Tout ce qu’il vous dira, faites-le » (v. 5). Aujourd’hui aussi la Vierge nous dit à tous: « Tout ce qu’il vous dira, faites-le ». Ces paroles sont un héritage précieux que notre Mère nous a laissé. Et en effet, à Cana, les serviteurs obéissent. « Jésus leur dit: Remplissez d’eau les jarres. Et ils les remplirent jusqu’au bord. Il leur dit encore: Maintenant, puisez et portez-en au maître du repas. Et ils lui en portèrent « (versets 7-8).
Durant ces noces, une Nouvelle Alliance est vraiment scellée et une nouvelle mission est confiée aux serviteurs du Seigneur, c’est-à-dire à toute l’Église: « Tout ce qu’il vous dira, faites-le ». Servir le Seigneur signifie écouter et mettre en pratique sa parole. C’est la recommandation simple et essentielle de la Mère de Jésus, c’est le programme de vie du chrétien.
Je voudrais souligner une expérience que certainement de nombreuses personnes ont expérimentée. Dans des situations difficiles, quand apparaissent des problèmes que nous ne parvenons pas à résoudre, lorsque nous sentons de l’anxiété et de l’angoisse, et que la joie manque, alors allons à Marie et disons: « Nous n’avons pas de vin ». « Le vin est fini: regarde comment je me sens, regarde mon âme ». Et elle ira voir Jésus et elle lui dira : « il n’a pas de vin » et elle nous dira : « Tout ce qu’il vous dira faites-le ».
Pour chacun de nous, puiser à la jarre signifie faire confiance à la Parole et aux Sacrements pour faire l’expérience de la grâce de Dieu dans notre vie. Alors nous aussi, comme le maître du repas qui a goûté l’eau changée en vin, nous pouvons nous exclamer: « Tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant » (v. 10), et toujours Tu nous surprends.
Que la Sainte Vierge nous aide à suivre son invitation: « Tout ce qu’il vous dira, faites-le », afin que nous puissions nous ouvrir pleinement à Jésus, en reconnaissant dans la vie quotidienne les signes de sa Présence vivifiante.
Prière de l’Angélus.

Jésus disait à ses disciples : "Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai Aimés." (Jn 15, 12)