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2409

        Benoît XVI
         (Message pour le Carême 2006)
"En nous tournant vers le divin Maître, en nous convertissant à Lui, en faisant l’expérience de sa miséricorde grâce au sacrement de la Réconciliation, nous découvrirons un «regard» qui nous scrute dans les profondeurs et qui peut animer de nouveau les foules et chacun d’entre nous. Ce «regard» redonne confiance à ceux qui ne se renferment pas dans le scepticisme, en leur ouvrant la perspective de l’éternité bienheureuse. En fait, déjà dans l’histoire, même lorsque la haine semble dominer, le Seigneur ne manque jamais de manifester le témoignage lumineux de son amour."

2408

        Benoît XVI
         (Message pour le Carême 2006)
La tentation a été de croire que devant les urgences pressantes on devait en premier lieu pourvoir au changement des structures extérieures. Cela eut comme conséquence pour certains la transformation du christianisme en un moralisme, la substitution du croire par le faire. C’est pourquoi, mon Prédécesseur de vénérée mémoire, Jean-Paul II, observait avec raison : «Aujourd'hui, la tentation existe de réduire le christianisme à une sagesse purement humaine, en quelque sorte une science pour bien vivre. En un monde fortement sécularisé, est apparue une ‘sécularisation progressive du salut’, ce pourquoi on se bat pour l'homme, certes, mais pour un homme mutilé, ramené à sa seule dimension horizontale. Nous savons au contraire que Jésus est venu apporter le salut intégral» (Encyclique Redemptoris missio, n. 11).
C’est justement à ce salut intégral que le Carême veut nous conduire en vue de la victoire du Christ sur tout mal qui opprime l’homme.

2407

        Benoît XVI
         (Message pour le Carême 2006)
"L’Église ressent aujourd’hui encore comme son devoir de demander à ceux qui détiennent des responsabilités politiques et qui ont entre leurs mains les leviers du pouvoir économique et financier de promouvoir un développement fondé sur le respect de la dignité de tout homme. Une importante authentification de cet effort consistera dans la liberté religieuse effective, entendue non pas simplement comme possibilité d’annoncer et de célébrer le Christ, mais aussi comme contribution à l’édification d’un monde animé par la charité. Dans cet effort, s’inscrit également la considération effective du rôle central que les valeurs religieuses authentiques jouent dans la vie de l’homme, en tant que réponse à ses interrogations les plus profondes et motivation éthique par rapport à ses responsabilités personnelles et sociales. Tels sont les critères sur la base desquels les chrétiens devront aussi apprendre à évaluer avec sagesse les programmes de ceux qui les gouvernent."

2406

        Benoît XVI
         (Message pour le Carême 2006)
Face aux terribles défis de la pauvreté d’une si grande part de l’humanité, l’indifférence et le repli sur son propre égoïsme se situent dans une opposition intolérable avec le «regard» du Christ. Avec la prière, le jeûne et l’aumône, que l’Église propose de manière spéciale dans le temps du Carême, sont des occasions propices pour se conformer à ce «regard». Les exemples des saints et les multiples expériences missionnaires qui caractérisent l’histoire de l’Église constituent des indications précieuses sur le meilleur moyen de soutenir le développement. Aujourd’hui encore, au temps de l’interdépendance globale, on peut constater qu’aucun projet économique, social ou politique ne remplace le don de soi à autrui, dans lequel s’exprime la charité. Celui qui agit selon cette logique évangélique vit la foi comme amitié avec le Dieu incarné et, comme Lui, se charge des besoins matériels et spirituels du prochain. Il le regarde comme un mystère incommensurable, digne d’une attention et d’un soin infinis. Il sait que celui qui ne donne pas Dieu donne trop peu.

2259

    Benoît XVI
(19 mars 2011 - Conclusion des exercices spirituels de la Curie romaine - Chapelle Redemptoris Mater - en présence du prédicateur, le père Léthel) - (saint Joseph le gardien, le juste)
Chers frères,cher père Léthel,
(...) Les saints: vous nous les avez montrés comme des «étoiles» dans le firmament de l'histoire et, avec votre enthousiasme et votre joie, vous nous avez fait rentrer dans la ronde de ces saints et vous nous avez montré que ce sont précisément les saints «petits» qui sont de «grands» saints. Vous nous avez montré que la scientia fidei et la scientia amoris vont de pair et se complètent, que la grande raison et le grand amour vont de pair, et même que le grand amour voit davantage que la seule raison.
La Providence a voulu que ces Exercices se concluent par la fête de saint Joseph, mon patron personnel et le patron de la sainte Eglise: un humble saint, un humble travailleur, qui a été rendu digne d'être le Gardien du Rédempteur.
Saint Matthieu caractérise saint Joseph par un mot: «c'était un juste», «dikaios», de «dike», et dans la vision de l'Ancien Testament, comme nous la trouvons par exemple dans le Psaume 1, «juste» est l'homme qui est plongé dans la Parole de Dieu, qui vit dans la Parole de Dieu, qui vit la Loi non comme un «joug», mais comme une «joie», qui vit — pourrions-nous dire — la Loi comme un «Evangile». 
Saint Joseph était juste, il était plongé dans la Parole de Dieu, écrite, transmise à travers la sagesse de son peuple, et c'est précisément de cette manière qu'il était préparé et appelé à connaître le Verbe incarné — le Verbe venu parmi nous comme un homme —, et prédestiné à garder, à protéger ce Verbe incarné; cela demeure sa mission pour toujours: protéger la sainte Eglise et Notre Seigneur. 
Nous nous confions en ce moment à sa protection, nous prions pour qu'il nous aide dans notre humble service. Allons de l'avant avec courage sous cette protection. Nous sommes reconnaissants pour les humbles saints, prions le Seigneur afin qu'il nous rende nous aussi humbles dans notre service et, de cette manière, saints dans la compagnie des saints.Je vous remercie encore une fois, père Léthel, pour votre inspiration. Merci !

2253

    Benoît XVI
(HOMÉLIE du 28 mars 2012 - La Havane, Place de la Révolution José Marti - Voyage apostolique au Mexique et à Cuba du 23 au 29 mars 2012)
« LA VÉRITÉ VOUS RENDRA LIBRES. »  
 « Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; vous connaîtrez la vérité et la vérité vous affranchira » (Jn 8, 31). Dans ce texte de l’Évangile qui a été proclamé, Jésus se révèle comme le Fils de Dieu le Père, le Sauveur, le seul qui puisse dévoiler la vérité et donner l’authentique liberté. Son enseignement provoque résistance et inquiétude parmi ses interlocuteurs, et il les accuse de chercher sa mort, faisant référence au suprême sacrifice de la croix, déjà proche. Même ainsi, il les exhorte à croire, à demeurer dans sa Parole pour connaître la vérité qui libère et rend digne.

En effet, la vérité est un désir de l’être humain et la chercher suppose toujours un exercice d’authentique liberté. Nombreux sont ceux, en revanche, qui préfèrent les raccourcis et qui essaient d’échapper à cette tâche. Certains, comme Ponce Pilate, ironisent sur la possibilité de pouvoir connaître la vérité (cf. Jn 18, 38), proclamant l’incapacité de l’homme à l’atteindre ou niant qu’existe une vérité pour tous. Cette attitude, comme dans le cas du scepticisme ou du relativisme, provoque un changement dans le cœur, le rendant froid, hésitant, loin des autres et enfermé en soi-même. Des personnes qui se lavent les mains comme le gouverneur romain et laissent filer le cours de l’histoire sans se compromettre. 
D’autre part, il y a les autres qui interprètent mal cette recherche de vérité les portant à l’irrationalité et au fanatisme, les enfermant dans « leur vérité », et qui entendent l’imposer aux autres. Ils sont comme ces légalistes aveuglés qui, en voyant Jésus frappé et en sang, crient, furieux : « Crucifie-le ! » (cf. Jn 19 , 6). Cependant, qui agit irrationnellement ne peut pas parvenir à être disciple de Jésus. Foi et raison sont nécessaires et complémentaires dans la recherche de la vérité. Dieu a créé l’homme avec une vocation innée à la vérité et pour cela, l’a doté de raison. Ce n’est certainement pas l’irrationalité, mais le désir de vérité qui promeut la foi chrétienne. Tout homme doit être chercheur de vérité et opter pour elle quand il la rencontre, même s’il risque d’affronter des sacrifices. 
De plus, la vérité sur l’homme est un présupposé inévitable pour atteindre la liberté, car nous découvrons en elle les fondements d’une éthique avec laquelle tous peuvent se confronter, et qui contient des formulations claires et précises sur la vie et la mort, les droits et les devoirs, le mariage, la famille et la société, en définitif, sur la dignité inviolable de l’être humain. Ce patrimoine éthique est ce qui peut rapprocher toutes les cultures, tous les peuples et toutes les religions, les autorités et les citoyens, et les citoyens entre eux, les croyants dans le Christ et ceux qui ne croient pas en lui.
Le christianisme, mettant en évidence les valeurs qui sous-tendent l’éthique, n’impose pas mais propose l’invitation du Christ à connaître la vérité qui rend libre. Le croyant est appelé à l’offrir à ses contemporains, comme le fit le Seigneur, avant même le sombre présage du rejet et de la croix. La rencontre personnelle avec Celui qui est la vérité en personne nous pousse à partager ce trésor avec les autres, spécialement par le témoignage. 
Chers amis, n’hésitez pas à suivre Jésus-Christ. Nous trouvons en lui la vérité sur Dieu et sur l’homme. Il nous aide à vaincre nos égoïsmes, à abandonner nos ambitions et à vaincre ce qui nous opprime. Celui qui fait le mal, celui qui commet un péché en est esclave et n’atteindra jamais la liberté (cf. Jn 8, 34). Ce n’est qu’en renonçant à la haine et à notre cœur dur et aveugle, que nous serons libres, qu’une nouvelle vie jaillira en nous. 
Convaincu que le Christ est la vraie mesure de l’homme et sachant que c’est en lui que l’on trouve la force nécessaire pour affronter toutes les épreuves, je désire vous annoncer ouvertement que le Seigneur Jésus est le Chemin, la Vérité et la Vie. Vous trouverez tous en lui la pleine liberté, la lumière pour comprendre avec profondeur la réalité et la transformer par le pouvoir rénovateur de l’amour. 
L’Église vit pour faire bénéficier les autres de l’unique chose qu’elle possède et qui n’est autre que le Christ, espérance de la gloire (cf. Col 1, 27). Pour pouvoir accomplir cette tâche, elle doit compter sur la liberté religieuse qui est essentielle, et qui consiste à pouvoir proclamer et célébrer la foi même publiquement, portant le message d’amour, de réconciliation et de paix que Jésus a apporté au monde."

2092

     Benoît XVI
     ( Encyclique Deus Caritas Est -Dieu est amour - §41) 
« Le chrétien qui prie ne prétend pas changer les plans de Dieu, ni corriger ce que Dieu a prévu. Il cherche plutôt à rencontrer le Père de Jésus Christ, Lui demander d’être présent en lui et dans son action par le secours de son Esprit »

2028

      Benoît XVI 
(Catéchèse du 22 février 2006)
"Célébrer la « Chaire » de Pierre, comme nous le faisons aujourd’hui, signifie donc attribuer à celle-ci une profonde signification spirituelle et y reconnaître un signe privilégié de l’amour de Dieu, Pasteur bon et éternel, qui veut rassembler toute son Eglise et la guider sur la voie du salut. Parmi les nombreux témoignages des Pères, j’ai plaisir à rapporter celui de saint Jérôme, tiré de l’une de ses lettres, adressée à l’évêque de Rome, qui est particulièrement intéressante, car elle fait une référence explicite à la « chaire » de Pierre, en la présentant comme havre sûr de vérité et de paix. Jérôme écrit ce qui suit: « J’ai décidé de consulter la Chaire de Pierre, où l’on trouve la foi que la parole d’un Apôtre a exaltée ; je viens à présent demander une nourriture pour mon âme, là où je reçus autrefois le vêtement du Christ. Je ne crois en aucun autre primat que celui du Christ ; c’est pourquoi je me mets en communion avec ta béatitude, c’est-à-dire avec la chaire de Pierre. Je sais que l’Eglise est édifiée sur cette pierre » (Les lettres I, 15, 1-2).

1983

      Benoît XVI
(Audience générale, mercredis 26 septembre et 3 octobre 2012.)
"La première école de la prière est la Parole de Dieu, l’Écriture Sainte.
L’Écriture Sainte est un dialogue permanent entre Dieu et l’homme,
un dialogue progressif dans lequel Dieu se révèle toujours plus proche,
dans lequel nous pouvons connaître toujours mieux son visage, sa voix, son être ; et l’homme apprend à accepter de connaître Dieu, à parler avec Dieu. [...]
Il y a encore un autre « espace » précieux, une autre « source » précieuse pour grandir dans la prière, une source d’eau vive très étroitement liée à la précédente.
Je veux parler de la liturgie, qui est un domaine privilégié dans lequel Dieu parle à chacun de nous, ici et maintenant, et attend notre réponse." [...]
"La vie de prière consiste à être de manière habituelle en présence de Dieu et à en avoir conscience, à vivre en relation avec Dieu comme nous vivons les relations habituelles de notre vie, celles avec les membres les plus chers de notre famille, avec nos vrais amis ;c’est même cette relation avec le Seigneur qui donne la lumière à toutes nos autres relations."

1969

      Benoît XVI
(Angélus du 3 juillet 2011)

"Jésus promet de donner à tous le « repos » mais pose une condition : « Prenez sur vous mon joug et apprenez de moi, car je suis doux et humble de cœur ». Qu’est-ce que ce «joug» qui au lieu de peser soulage, et au lieu d’écraser soutient ? Le « joug » du Christ, c’est la loi de l’amour, et son commandement, qu’il a laissé à ses disciples (cf. Jn 13, 34 ; 15, 12). Le vrai remède aux blessures de l’humanité — matérielles comme la faim et les injustices, ou psychologiques et morales, provoquées par un faux bien-être — est une règle de vie fondée sur l’amour fraternel, qui a sa source dans l’amour de Dieu. Pour cela, il faut abandonner le chemin de l’arrogance de la violence utilisée pour se procurer des positions de pouvoir toujours plus grand, pour s’assurer le succès à tout prix. À l’égard de l’environnement aussi, il faut renoncer au style agressif qui a dominé ces derniers siècles et adopter une « douceur » raisonnable. Mais surtout, dans les rapports humains, interpersonnels, sociaux, la règle du respect et de la non-violence, c’est-à-dire de la force de la vérité, contre tout abus de pouvoir, est celle qui peut assurer un avenir digne de l’homme."
« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos.Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme.Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. » (Mt 5, 28-30)

1951

      Benoît XVI
(Auschwitz le 28 mai 2006 Discours prononcé lors du service de prière au Monument international du Martyre des Nations)

« Comme Jean-Paul II, j’ai parcouru le chemin le long des stèles qui rappellent, en différentes langues, les victimes de ce lieu. Il y en a un en hébreu. Les potentats du Troisième Reich voulaient écraser le peuple juif tout entier; l’éliminer du nombre des peuples de la terre. […] Au fond, ces criminels violents, au moyen de l’anéantissement de ce peuple, entendaient tuer ce Dieu qui appela Abraham, et qui, parlant sur le Sinaï, établit les critères d’orientation de l’humanité, qui demeurent éternellement valables.. […] Avec la destruction d’Israël, avec la Shoah, ils voulaient, en fin de compte, extirper également la racine sur laquelle se fonde la foi chrétienne, en la remplaçant définitivement par la foi fabriquée par soi-même, la foi dans le pouvoir de l’homme, du plus fort. […] derrière ces stèles se cache le destin d’innombrables êtres humains. Ceux-ci ébranlent notre mémoire, ébranlent notre cœur. Ils ne veulent pas provoquer la haine en nous: ils nous démontrent au contraire combien l’œuvre de la haine est terrible ».

1935

      Benoît XVI
(Exhortation apostolique post synodale Verbum Domini, 2) 

"C'est un don et une tâche incontournable de l'Église de communiquer la joie qui vient de la rencontre avec la Personne du Christ, Parole de Dieu présente au milieu de nous. Dans un monde qui souvent ressent Dieu comme superflu ou étranger, nous confessons comme Pierre que Lui seul "a les paroles de la Vie éternelle" (Jn 6, 68). Il n'existe pas de priorité plus grande que celle -ci : ouvrir à nouveau à l'homme d'aujoud'hui l'accès à Dieu, au Dieu qui parle et qui nous communique son amour pour que nous ayons la vie en abondance (c. Jn10,10)" 

1917

      Benoît XVI
     (Homélie de Benoît XVI pour le Mercredi des Cendres 13 février 2013)

« Le voici maintenant le moment favorable, le voici maintenant le jour du salut » (2 Co 6,2) : ces paroles de l’apôtre Paul aux chrétiens de Corinthe résonnent aussi pour nous avec une urgence qui n’admet ni absence ni inertie. Le terme « maintenant » répété à plusieurs reprises dit qu’on ne peut pas laisser passer ce moment ; il nous est offert comme une occasion unique qui ne se représentera pas. Et le regard de l’apôtre se concentre sur la dimension de partage dont le Christ a voulu caractériser son existence, en assumant tout ce qui est humain jusqu’à se charger du péché des hommes. L’expression de saint Paul est très forte : Dieu « l’a fait péché pour nous ». Jésus, l’Innocent, le Saint, « Celui qui n’avait pas connu le péché » (2 Co 5,21), se charge du poids du péché dont il partage l’issue avec l’humanité, qui est la mort et la mort sur la croix."

1916

      Benoît XVI
     (Homélie de Benoît XVI pour le Mercredi des Cendres 13 février 2013)

La dimension communautaire est un élément essentiel de la foi et de la vie chrétienne. Le Christ est venu « afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés » (cf. Jn 11,52). Le « nous » de l’Eglise est la communauté dans laquelle Jésus nous rassemble (cf. Jn 12,32) : la foi est nécessairement ecclésiale. Et il est important de se rappeler cela et de le vivre en ce temps de carême : que chacun de nous soit conscient qu’il n’affronte pas seul ce chemin pénitentiel, mais avec de nombreux frères et sœurs, dans l’Eglise.

1915

      Benoît XVI
     (Homélie de Benoît XVI pour le Mercredi des Cendres 13 février 2013)

Vénérés frères,
Chers frères et sœurs,
   Aujourd’hui, mercredi des cendres, nous commençons un nouveau chemin de carême, un chemin qui se déploie pendant quarante jours et qui nous conduit à la joie de la Pâque du Seigneur, à la victoire de la vie sur la mort. Selon la très ancienne tradition romaine des stations du carême, nous nous sommes rassemblés pour la célébration de l’Eucharistie. Cette tradition prévoit que la première station ait lieu dans la basilique Sainte-Sabine sur la colline de l’Aventin. Les circonstances ont suggéré de nous rassembler dans la basilique vaticane. Ce soir, nous sommes nombreux autour de la tombe de l’apôtre Pierre à demander aussi son intercession pour le cheminement de l’Eglise en ce moment particulier, en renouvelant notre foi dans le Pasteur suprême, le Christ et Seigneur. C’est pour moi une occasion propice pour vous remercier tous, spécialement les fidèles du diocèse de Rome, alors que je m’apprête à conclure mon ministère pétrinien, et pour vous demander une pensée particulière dans votre prière.
   Les lectures qui ont été proclamées nous donnent des indications que, avec la grâce de Dieu, nous sommes appelés à transformer en attitudes et en comportements concrets en ce carême. L’Eglise nous propose à nouveau, avant tout, l’avertissement que le prophète Joël adresse au peuple d’Israël : « Revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les pleurs et les cris de deuil » (2,12). Il faut souligner l’expression « de tout votre cœur » qui signifie en partant du centre de nos pensées et sentiments, des racines de nos décisions, de nos choix et de nos actions, par un geste de liberté totale et radicale. Mais ce retour à Dieu est-il possible ? Oui, parce qu’il y a une force qui ne réside pas dans notre cœur mais qui s’échappe du cœur même de Dieu. C’est la force de sa miséricorde. Le prophète dit encore : « Revenez au Seigneur, votre Dieu, car il est tendresse et pitié, lent à la colère, riche en grâce, et il a regret du mal » (v.13). Le retour au Seigneur est possible en tant que « grâce » parce que c’est l’œuvre de Dieu et le fruit de la foi que nous mettons dans sa miséricorde. Mais ce retour à Dieu ne devient une réalité concrète dans notre vie que lorsque la grâce du Seigneur pénètre dans l’intime et l’ébranle en nous donnant la force de « déchirer notre cœur ». C’est encore le prophète qui fait résonner ces paroles, de la part de Dieu : « Déchirez votre cœur, et non vos vêtements » (v.13). En effet, même de nos jours, nombreux sont ceux qui sont prêts à « déchirer leurs vêtements » face aux scandales et aux injustices – naturellement commis par les autres – mais peu semblent disposés à agir sur leur propre « cœur », sur leur propre conscience et leurs propres intentions, en laissant le Seigneur transformer, renouveler et convertir.
   Ce « revenez à moi de tout votre cœur » est ensuite un appel qui implique non seulement l’individu, mais la communauté. Nous avons écouté, toujours dans la première lecture : « Sonnez du cor à Sion ! Prescrivez un jeûne, publiez une solennité,réunissez le peuple, convoquez la communauté, rassemblez les vieillards, réunissez les petits enfants, ceux qu’on allaite au sein ! Que le jeune époux quitte sa chambre et l’épousée son alcôve ! » (vv.15-16). La dimension communautaire est un élément essentiel de la foi et de la vie chrétienne. Le Christ est venu « afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés » (cf. Jn 11,52). Le « nous » de l’Eglise est la communauté dans laquelle Jésus nous rassemble (cf. Jn 12,32) : la foi est nécessairement ecclésiale. Et il est important de se rappeler cela et de le vivre en ce temps de carême : que chacun de nous soit conscient qu’il n’affronte pas seul ce chemin pénitentiel, mais avec de nombreux frères et sœurs, dans l’Eglise.
   Le prophète, enfin, s’arrête sur la prière des prêtres qui, les larmes aux yeux, s’adressent à Dieu en disant : « Ne livre pas ton héritage à l’opprobre, au persiflage des nations ! Pourquoi dirait-on parmi les peuples : Où est leur Dieu ? » (v.17). Cette prière nous fait réfléchir sur l’importance du témoignage de foi et de vie chrétienne de chacun de nous et de nos communautés pour manifester le visage de l’Eglise et sur la façon dont ce visage est parfois défiguré. Je pense en particulier aux fautes contre l’unité de l’Eglise, aux divisions dans le corps ecclésial. Vivre le carême dans une communion ecclésiale plus intense et plus évidente, en dépassant les individualismes et les rivalités, est un signe humble et précieux pour ceux qui sont loin de la foi ou sont indifférents.
« Le voici maintenant le moment favorable, le voici maintenant le jour du salut » (2 Co 6,2) : ces paroles de l’apôtre Paul aux chrétiens de Corinthe résonnent aussi pour nous avec une urgence qui n’admet ni absence ni inertie. Le terme « maintenant » répété à plusieurs reprises dit qu’on ne peut pas laisser passer ce moment ; il nous est offert comme une occasion unique qui ne se représentera pas. Et le regard de l’apôtre se concentre sur la dimension de partage dont le Christ a voulu caractériser son existence, en assumant tout ce qui est humain jusqu’à se charger du péché des hommes. L’expression de saint Paul est très forte : Dieu « l’a fait péché pour nous ». Jésus, l’Innocent, le Saint, « Celui qui n’avait pas connu le péché » (2 Co 5,21), se charge du poids du péché dont il partage l’issue avec l’humanité, qui est la mort et la mort sur la croix.
    La réconciliation qui nous est offerte a eu un prix très élevé, celui de la croix dressée sur le Golgotha, à laquelle a été suspendu le Fils de Dieu fait homme. C’est dans cette immersion de Dieu dans la souffrance humaine et dans l’abîme du mal que se trouve la racine de notre justification. Le « revenez à Dieu de tout votre cœur » sur notre chemin de carême passe par la Croix, par le fait de suivre le Christ sur la route qui mène au Calvaire et au don total de soi. C’est un chemin sur lequel apprendre chaque jour à sortir toujours plus de notre égoïsme et de nos fermetures, pour faire de l’espace à Dieu qui ouvre et transforme le cœur. Et saint Paul rappelle comment l’annonce de la Croix résonne en nous grâce à la prédication de la Parole, dont l’apôtre lui-même est l’ambassadeur ; c’est un rappel pour nous, afin que ce chemin de carême soit caractérisé par une écoute plus attentive et assidue de la Parole de Dieu, lumière qui éclaire nos pas.
   Dans la page de l’évangile de Marc, qui fait partie du fameux Discours sur la montagne, Jésus fait référence à trois pratiques fondamentales prévues par la loi mosaïque : l’aumône, la prière et le jeûne ; ce sont aussi des indications traditionnelles du chemin du carême pour répondre à l’invitation : « revenez à Dieu de tout votre cœur ».
     Mais Jésus souligne que c’est la qualité et la vérité du rapport avec Dieu qui qualifie l’authenticité de tout geste religieux. C’est pour cela qu’il dénonce l’hypocrisie religieuse, le comportement qui veut paraître, les attitudes qui cherchent les applaudissements et l’approbation. Le vrai disciple ne se sert pas lui-même ou le « public » mais il sert son Seigneur, dans la simplicité et la générosité : « et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra » (Mt 5,4-6.18). Alors notre témoignage sera d’autant plus incisif que nous chercherons moins notre gloire et que nous serons conscients que la récompense du juste est Dieu lui-même, le fait d’être unis à lui, ici-bas, sur le chemin de la foi et, au terme de notre vie, dans la paix et la lumière de la rencontre face à face avec lui pour toujours (cf. 1 Co 13,12).
   Chers frères et sœurs, commençons avec confiance et joyeusement notre itinéraire de carême. Que résonne fortement en nous l’invitation à la conversion, à « revenir à Dieu de tout notre cœur », en accueillant sa grâce qui fait de nous des hommes nouveaux, avec cette nouveauté surprenante qui est participation à la vie même de Jésus. Que personne parmi nous ne soit donc sourd à cet appel, qui nous est aussi adressé à travers le rite austère, si simple et en même temps si suggestif, de l’imposition des cendres, que nous allons accomplir. Que la Vierge Marie, Mère de l’Eglise et modèle de tout disciple authentique du Seigneur, nous accompagne en ce temps. Amen !

1914

      Benoît XVI
(Encyclique Deus caritas est)  

« À l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive. »

1904

      Benoît XVI
     (Homélie du 8 janvier 2012)

"La Prière est la première condition pour éduquer, car en priant, nous nous mettons dans la disposition de laisser à Dieu l’initiative, de Lui confier nos enfants, à Lui qui les connaît avant nous et mieux que nous, et qui sait parfaitement quel est leur bien véritable.
Et, dans le même temps, quand nous prions, nous nous mettons à l’écoute des inspirations de Dieu pour bien accomplir notre part, qui nous revient quoi qu’il en soit et que nous devons réaliser.
Les Sacrements, en particulier l’Eucharistie et la Pénitence, nous permettent d’accomplir l’action éducative en union avec Le Christ, en communion avec Lui et en étant sans cesse renouvelés par son Pardon.
La Prière et les Sacrements nous permettent d’obtenir cette Lumière de Vérité, grâce à laquelle nous pouvons être dans le même temps tendres et forts, faire usage de douceur et de fermeté, nous taire et parler lorsqu’il le faut, faire des remontrances et corriger de la juste manière."

1903

      Benoît XVI
     (Homélie du 8 janvier 2012)

"Il est très important pour vous parents, et également pour les parrains et les marraines, de croire fortement dans la présence et dans l’action de L’Esprit Saint, de l’invoquer et de l’accueillir en vous, à travers la Prière et Sacrements.
C’est Lui, en effet, qui illumine l’esprit, qui réchauffe le cœur de l’éducateur pour qu’il sache transmettre la connaissance et l’Amour de Jésus."

1902

      Benoît XVI
     (Homélie du 8 janvier 2012)

"Le véritable éducateur ne lie pas les personnes à lui, il n’est pas possessif. Il veut que son fils ou son disciple apprenne à connaître la Vérité, et établisse avec celle-ci une relation personnelle.
L’éducateur accomplit son devoir jusqu’au bout, il ne fait pas manquer sa présence attentive et fidèle ; mais son objectif est que celui qu’il éduque écoute la voix de la Vérité parler à son cœur et la suive le long d’un chemin personnel."

1901

      Benoît XVI
     (Homélie du 8 janvier 2012)

« Nous puiserons avec joie aux sources du Salut ». (...) Et quelles sont « les sources du Salut » ? Ce sont la Parole de Dieu et les Sacrements. Les adultes sont les premiers à devoir se nourrir à ces sources, pour pouvoir guider les plus jeunes dans leur croissance.
Les parents doivent beaucoup donner, mais pour pouvoir donner, ils ont à leur tour besoin de recevoir, autrement ils se vident, ils s’assèchent.
Les parents ne sont pas la source, de même que nous, Prêtres, ne sommes pas la source: nous sommes plutôt comme des canaux, à travers lesquels doit couler la sève vitale de l’Amour de Dieu.
Si nous nous détachons de la source, nous sommes les premiers à en ressentir les effets négatifs et nous ne sommes plus en mesure d’éduquer les autres.
C’est pourquoi nous nous sommes engagés en disant : « Nous puiserons avec joie aux sources du Salut ».

Jésus disait à ses disciples : "Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai Aimés." (Jn 15, 12)