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2465

        Wilfrid Stinissen o.c.d (1917-2013)
           (Dieu au fil des jours, Toulouse, Ed Carmel, 2016)
« Certains, désireux de recevoir l’Esprit Saint, prient expressément à cette intention. Ils participent peut-être à des réunions de prière, mais ils ne ressentent rien. Ils se plaignent alors de voir échouer toutes leurs tentatives et de ne rien obtenir de l’Esprit Saint...
À se plaindre ainsi, ils prouvent qu’en fait, ils ne désirent pas l’Esprit, mais une expérience « sensible » de Lui. Or, l’Esprit ne dépend pas de ce que nous ressentons […]
Plus tu t’établis dans une foi profonde et solide en ses promesses, plus tu fais « l’expérience » de Dieu. Mais cette expérience est plus profonde que sensible : Au lieu d’éprouver de temps à autre quelques sentiments fugaces de joie, tu entres dans la joie de Dieu, permanente et éternelle »  

2454

        Jean Michel Dunand
           (Fondateur de la Communion Béthanie, au service des personnes homosensibles et transgenres - Extrait d'une réflexion publiée le 10 mai 2020, à la veille du déconfinement)
"Tu peux tout recommencer, balayer ta vie passée, et repartir à zéro ... ".
"Je suis dubitatif devant les paroles de ce chant.
Sur mon chemin de vie, je ne suis jamais reparti à zéro.
Je vois plutôt mon parcours comme un canal jalonné d'écluses.
J'apprécie la métaphore de l'écluse.
Avant et après le sas, qui permet de faire varier le niveau, l'eau est toujours la même.
L'écluse m'offre un passage, un seuil à franchir ... : une Pâque !
Après ces jours de confinement, je ne me fais aucune illusion.
Notre monde ne changera pas du tout au tout !
Petite parcelle de l'univers, je ne serai pas un homme totalement nouveau, après ces heures si particulières !
(...) entre l'église romane et le Carmel de la Paix de Mazille : XIIIe et XXe siècles.
Entre les deux, que d'écluses !
Mais, toujours la même eau vivifiante, n'est-ce pas ?
Alors qu'il réfléchit sur son chemin de vie, un ami m'écrit :
"La question de la vocation s'est transformée pour moi, en : où serais-je le plus Vivant ?"
Où serais-je le plus Vivant ?
Au sortir de ces jours de confinement, voilà la question qui me meut.
Où serais-je le plus Vivant ?
Demain la porte de l'écluse s'ouvre !
(...)

2453

        Sainte Faustine Kowalska
(Soeur Faustine fut aidée dans sa vie spirituelle et dans sa mission prophétique de Miséricorde par deux prêtres : l’abbé Michał Sopoćko, son confesseur et directeur spirituel à Wilno et le Père Józef Andrasz, jésuite, à Cracovie. Soeur Faustine devint sa pénitente en avril 1933, au cours de sa retraite avant les vœux perpétuels. Il fut son directeur spirituel pendant les dernières années de sa vie, passées au couvent de Cracovie ; en tout – deux ans et demi.)
"Conversation avec le Père Andrasz à la fin de la retraite. J'ai été fort étonnée d'une chose que j'ai remarquée pendant chaque conversation, durant laquelle je cherchais des conseils et indications auprès du père, à savoir: j'ai remarqué qu'à toutes les questions que je lui présentais, que le Seigneur exige que je lui soumette, le père Andrasz me répondait avec une telle clarté et une telle décision comme s'il le vivait lui même. Ô mon Jésus, s'il y avait plus de directeurs spirituels comme lui, les âmes sous une telle direction atteindraient rapidement les sommets de la sainteté et ne gâcheraient pas de grandes grâces." 
père Jòsef Andrasz (1891-1963)

2383

    Saint Jean de la Croix
    (Vive Flamme B 2, 33-36)
« En cette vie nouvelle, celle de l’âme parvenue à la perfection de l’union avec Dieu, toutes les tendances de l’âme et toutes ses facultés avec leurs attraits et de leurs activités qui, de soi, sont activités de mort et privation de vie spirituelle, deviennent divines. (…) Sa mort se change en vie, à savoir sa vie animale en vie spirituelle. (…) 
Tous les mouvements, les inclinations et les actions qui trouvaient leur source et leur force dans la vie naturelle de l’âme sont désormais, par cette union, transformés en mouvements divins, morts à leur activité et leur attrait naturels et vivants pour Dieu, car l’âme, en véritable fille de Dieu, est entièrement mue par l’Esprit de Dieu, comme l’enseigne saint Paul : ceux qui sont mus par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu même (Rm 8, 14). 
Il résulte de ce qui vient d’être dit que l’intelligence de l’âme est intelligence de Dieu, sa volonté est volonté de Dieu, sa mémoire est mémoire de Dieu, sa jouissance est jouissance de Dieu. (…) Ainsi l’âme est morte à tout ce qu’elle était de par sa nature car tout cela était une mort pour elle et elle est vivante à tout ce qu’est Dieu en soi-même. C’est pourquoi, parlant d’elle-même, c’est à bon droit qu’elle dit : ‘en tuant, tu as changé la mort en vie.’ Si bien que l’âme peut dire avec saint Paul : Je vis, non pas moi, mais Christ vit en moi (Ga 2, 20). La mort de cette âme a été changée en vie du Christ et la parole de l’Apôtre : La mort est engloutie dans la victoire (1Co 15, 54), concorde bien avec celle que le prophète Osée met dans la bouche de Dieu : Ô mort, je serai ta mort (Os 13, 14 Vulgate). C’est comme s’il disait : Moi qui suis la vie, je suis une mort pour la mort et la mort sera donc engloutie par la vie. L’âme est donc engloutie dans la vie divine, étrangère à tout ce qui est mondain. (…) En cet état de vie si parfaite l’âme chemine toujours comme en fête, au-dedans comme au-dehors, et la connaissance de son bienheureux sort lui fait très souvent goûter, au palais de son esprit, une grande allégresse divine, comme un cantique nouveau, toujours nouveau, empreint de joie et d’amour. » 

2381

    Saint Jean de la Croix
    (II MC 7, 8-12)
« On ne peut progresser qu’en imitant le Christ qui est le chemin, la vérité et la vie, et personne ne va au Père que par lui, selon ce qu’il dit lui-même en saint Jean (14, 6) ; et ailleurs il dit : Je suis la porte ; celui qui entrera par moi sera sauvé (10, 9). De sorte que tout esprit qui chercherait douceurs et facilité et refuserait d’imiter le Christ, je ne le tiendrais pas pour bon. Si j’ai dit que le Christ est le chemin, et que ce chemin c’est mourir à notre nature, tant sensible que spirituelle, c’est pour faire comprendre que ce sera à l’exemple du Christ, parce qu’il est notre exemple et notre lumière. 
En ce qui concerne le domaine du sensible, il est vrai qu’il y mourut en esprit tout au long de sa vie et, corporellement, en sa mort. En effet, comme il l’a dit, il n’eut pas, pendant sa vie, où reposer sa tête (Mt 8, 20) et encore moins lors de sa mort. En ce qui concerne le domaine spirituel, il est certain qu’au moment de sa mort son âme aussi se trouva anéantie, sans aucune consolation et sans aucun soulagement, le Père le laissant ainsi dans une sécheresse profonde, selon sa nature humaine. C’est pourquoi il en fut réduit à s’écrier : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? (Mt 27, 46). Ce fut le plus grand délaissement sensible de sa vie. Dans ce délaissement, il fit la plus grande œuvre de toute sa vie, plus grande que tous les miracles et que toutes ses œuvres faites sur la terre et dans le ciel et qui fut de réconcilier et d’unir par grâce le genre humain avec Dieu. Et cela se réalisa juste au moment où ce Seigneur fut le plus totalement anéanti : quant à l’estime des hommes qui, le voyant mourir, se moquaient de lui sans l’avoir en la moindre estime ; quant à sa nature humaine que la mort anéantissait ; quant au secours et à la consolation spirituelle du Père puisque, à ce moment-là, il l’abandonna, le laissant ainsi anéanti et réduit à rien pour que soit totalement payée la dette et que l’homme s’unisse avec Dieu. David en parle ainsi : « J’ai été réduit à rien et je n’ai plus rien su. » (Ps 72, 22) pour que le vrai spirituel comprenne le mystère de la porte et du chemin du Christ afin de s’unir à Dieu et sache que plus il s’anéantira pour Dieu dans les deux domaines, sensible et spirituel, plus il s’unira à Dieu et plus son œuvre sera grande. Et quand il sera réduit à rien, ce qui sera l’humilité suprême, se réalisera l’union spirituelle entre l’âme et Dieu qui est l’état le plus grand et le plus élevé que l’on puisse atteindre en cette vie. 
Il ne s’agit donc pas de réjouissances, ni de satisfactions, ni d’émotions spirituelles, mais d’une vive mort en croix, à la fois sensible et spirituelle, c’est-à-dire extérieure et intérieure. Je ne veux pas m’attarder davantage sur ce sujet, bien que je n’aie pas envie de cesser d’en parler car je vois que le Christ est très peu connu de ceux qui se disent ses amis. En effet, nous les voyons cheminer, cherchant en lui satisfactions et consolations en s’aimant beaucoup eux-mêmes ; mais ils ne recherchent pas ses amertumes et ses anéantissements en l’aimant beaucoup, lui. » 

2378

    Saint Jean de la Croix
    (II MC 17, 4)
« Dieu conduit l’âme de degré en degré jusqu’au plus intérieur. (…) C’est ainsi que Dieu va éduquant l’âme et la spiritualisant, lui communiquant les choses spirituelles à partir des choses extérieures, palpables et accordées au domaine sensible, selon la capacité restreinte et limitée de l’âme. » 

2375

    Saint Jean de la Croix
    (I MC 13, 11)
« Pour arriver à posséder tout, cherche à ne rien posséder. (…) Pour arriver à posséder ce que tu ne possèdes pas, tu dois aller par où tu ne possèdes pas. » 

2369

    Saint Jean de la Croix
    (III MC 20,2-3)
« Celui qui ne se considère pas comme propriétaire jouit de toutes choses comme s’il les possédait toutes, tandis que cet autre qui les considère comme sa propriété perd le plaisir que procure toute chose. Le premier, qui n’en retient aucune dans son cœur, les possède toutes, comme le dit saint Paul, avec une grande liberté (2Co 6,10) ; le deuxième qui, volontairement, en a saisi quelques-unes n’a rien et ne possède rien parce que ce sont elles qui lui possèdent le cœur et il souffre comme un captif. Par conséquent, plus il veut avoir de jouissances dans les créatures, plus il devra nécessairement subir afflictions et peines en son cœur enchaîné et possédé. Les soucis ne gênent pas celui qui est détaché, ni pendant son oraison ni en dehors, et ainsi sans perdre de temps et avec facilité, il amasse une grande fortune spirituelle. » 

2301

    Saint Jean de la Croix
    ( Cantique Spirituel - 1, 11)
“Sachons-le bien, le Verbe, Fils de Dieu réside en compagnie du Père et de l’Esprit-Saint dans l’âme et Il y est caché, et c’est là que le vrai contemplatif doit Le chercher… Que peux-tu désirer encore? Que cherches-tu au-dehors puisque tu possèdes en toi-même le Bien- Aimé que tu poursuis de tes recherches ? Réjouis-toi…Adore-Le en toi-même et garde-toi de Le chercher au-dehors… travaille à rester bien cachée avec Lui » … (CSB 1.6-7-8 )“ Tu sais maintenant ce que tu as à faire pour trouver l’Epoux dans la retraite de ton cœur; cherche-Le dans la Foi et dans l’Amour…La Foi et l’Amour sont les deux guides d’aveugle qui te mèneront par des chemins inconnus de toi, jusqu’aux secrets abîmes de Dieu…La Foi joue le rôle des pieds qui portent l’âme vers Dieu; l’amour est le guide qui lui montre la route”. 

2298

    Saint Jean de la Croix
    (Cantique Spirituel B 2/31,4)
« L’âme qui aime Dieu véritablement est prête à tout pour rencontrer le Fils de Dieu, son Bien-Aimé. Déterminée pour réussir dans sa recherche, elle pratiquera les vertus et s’adonnera aux exercices de la vie active et contemplative… La vraie manière de chercher Dieu, c’est de faire le bien en Dieu et de lutter contre le mal en soi- même…Il faut pour trouver Dieu, un cœur libre et fort, dégagé de tout mal » 

2297

    Saint Jean de la Croix
    (Mont Carmel livre 2 - ch.7,7) 
« La croix est le bâton destiné à nous servir de point d’appui, à nous faciliter la marche… » 

2277

    Pape François
     (Homélie du 25 mars 2020 - Sainte Marthe - L'Annonciation du Seigneur)
" L’évangéliste Luc ne pouvait savoir cela que par un récit de la Vierge Marie. En écoutant Luc, nous avons écouté la Vierge Marie qui raconte ce mystère. Nous sommes devant le mystère. Le mieux que nous puissions faire maintenant c’est peut-être de relire ce passage, en pensant que c’est la Vierge Marie qui le raconte. 
En ce temps-là,
l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu
dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,
à une jeune fille vierge,
accordée en mariage à un homme de la maison de David,
appelé Joseph ;
et le nom de la jeune fille était Marie. 
L’ange entra chez elle et dit :
« Je te salue, Comblée-de-grâce,
le Seigneur est avec toi. »
À cette parole, elle fut toute bouleversée,
et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. 
L’ange lui dit alors :
« Sois sans crainte, Marie,
car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ;
tu lui donneras le nom de Jésus.
Il sera grand,
il sera appelé Fils du Très-Haut ;
le Seigneur Dieu
lui donnera le trône de David son père ;
il régnera pour toujours sur la maison de Jacob,
et son règne n’aura pas de fin. » 
Marie dit à l’ange :
« Comment cela va-t-il se faire,
puisque je ne connais pas d’homme ? » 
L’ange lui répondit :
« L’Esprit Saint viendra sur toi,
et la puissance du Très-Haut
te prendra sous son ombre ;
c’est pourquoi celui qui va naître sera saint,
il sera appelé Fils de Dieu. 
Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente,
a conçu, elle aussi, un fils
et en est à son sixième mois,
alors qu’on l’appelait la femme stérile.
Car rien n’est impossible à Dieu. » 
Marie dit alors :
« Voici la servante du Seigneur ;
que tout m’advienne selon ta parole. »
Alors l’ange la quitta. 
Voilà le Mystère »

L'Annonciation - by Fra-Angelico

2226

    Louis Lallemant (1588-1635)
      (Doctrine spirituelle)
"Lorsqu'une âme s'est abandonnée à la conduite du Saint-Esprit, Il l'élève peu à peu et la gouverne. Au commencement, elle ne sait où elle va, mais peu à peu la lumière intérieure l'éclaire et lui fait voir toutes ses actions et le gouvernement de Dieu en ses actions, de sorte qu'elle n'a presque autre chose à faire que de laisser faire à Dieu en elle, et par elle, ce qu'il lui plaît ; ainsi elle s'avance merveilleusement." 

2207

    Saint Jean Eudes (1601-1680)
   (La Vie et le Royaume de Jésus)
"Bien qu'ils soient parfaits et accomplis dans la personne de Jésus, les Mystères de Jésus ne sont pas néanmoins encore accomplis et parfaits en nous qui sommes ses membres, ni en son Eglise qui est son Corps Mystique. Car le Fils de Dieu a dessein de faire comme une extension et continuation en nous et en toute son Eglise de ses Mystères, par les grâces qu'il veut nous communiquer et par les effets qu'Il veut opérer en nous par ces mystères.
Il a dessein de consommer en nous le mystère de son Incarnation, de sa naissance, de sa vie cachée, en se formant en nous et en prenant naissance dans nos âmes, par les saints sacrements de Baptême et de la divine Eucharistie, et en nous faisant vivre d'une vie spirituelle et intérieure qui soit cachée avec Lui en Dieu. " 

2138

    Saint Jean Eudes (1601-1680)
       (La Vie et le Royaume de Jésus)
"Le saint exercice de l'oraison doit être mis au rang des principaux fondements de la vie et sainteté chrétiennes, parce que toute la vie de Jésus-Christ n'a été qu'une perpétuelle oraison, laquelle nous devons continuer et exprimer en notre vie comme une chose si importante et si absolument nécessaire, que la terre qui nous porte, l'air que nous respirons, le pain qui nous sustente, le coeur qui bat dans notre poitrine, ne sont point si nécessaires à l'homme pour vivre humainement, que l'oraison est nécessaire à un chrétien pour vivre chrétiennement.
Regardez cette affaire comme la première, la principale, la plus nécessaire, la plus pressée et la plus importante de toutes vos affaires, et dégagez-vous tant qu'il vous sera possible, des autres affaires moins nécessaires." 

2137

    Jean Tauler (1300-1361)
       (O.P. Sermons, Paris, Desclée et Cie, 1930, II, p. 207.)
Aimer comme le Christ le demande
« Dans la sainte Église, chacun a sa fonction propre, et tous appartiennent à un seul et même corps, sous une seule tête. C'est ainsi que, dans toute la chrétienté, il n'est pas d'œuvre, si modeste et si petite soit'elle, son de cloche ou flambée de cierge, qui ne serve à l'accomplissement de cette œuvre intérieure.
Dans ce « corps mystique », ce corps spirituel, il doit y avoir une aussi grande solidarité que celle que vous voyez régner entre vos membres. Aucun membre ne doit, en ne considérant que lui seul, faire du mal ou du tort aux autres, mais il doit s'identifier à eux tous, étant là, tous pour chacun et chacun pour tous. D'où, si nous connaissions dans ce corps un membre qui ait plus de noblesse que nous ne nous en connaissons à nous-mêmes, nous devrions également le tenir pour plus précieux que nous-mêmes. De même que le bras et la main protègent plus la tête, le cœur ou l'œil, qu'ils ne se protègent eux-mêmes, ainsi devrait-il régner entre les membres de Dieu une charité si spontanée que nous devrions, avec une affection bienveillante, nous réjouir d'autant plus du bien de chacun que nous le saurions plus digne et plus cher à notre tête.
Tout ce que notre Seigneur voudrait, je devrait le prendre à cœur, aussi bien que ce qui est mien. Dès lors que j'aime plus le bien de mon frère qu'il ne l'aime lui-même, ce bien est plus vraiment à moi qu'à lui. S'il y a quelque chose de mal, cela lui reste ; mais le bien que j'aime en lui, ce bien est vraiment à moi. »

2135

  Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)
(Le château de l'âme)
"Quiconque débute dans l'oraison (n'oubliez pas cela, c'est très important !), doit avoir l'unique prétention de peiner, de se déterminer, de se disposer, aussi diligemment que possible, à conformer sa volonté à celle de Dieu ; soyez bien certaines que telle est la plus grande perfection qu'on puisse atteindre dans la voie spirituelle.
Vous recevrez d'autant plus du Seigneur que vous observerez cela plus parfaitement, et vous avancerez d'autant mieux sur cette voie. Ne croyez pas qu'il y ait là des chinoiseries, des choses ignorées et secrètes : tout notre bonheur consiste en cela." 
Sainte Thérèse d'Avila - (1515-1582)

2112

    Fènelon (1651-1715)
(Lettre CXII) 
"Dans le monde des âmes, le saint participe à la Charité divine. il n'est pas d'âme qui ne lui soit présente, pas d'âme qui n'ait part en lui et par lui aussi au mystère de la miséricorde et de l'amour de Dieu. Nous serions stupéfaits si nous pouvions voir quelle est l'action des saints dans le monde. Ce sont eux qui soutiennent le monde des âmes, qui rendent courage à ceux qui désespèrent, qui réorientent vers Dieu les âmes qui s'en étaient détournées. Ces êtres que l'on regarde trop souvent comme des séparés, sont les plus proches de tous les êtres. Ils nous sont proches par l'intérieur, c'est pourquoi ils semblent être des absents." 
Portrait de Fénelon par Joseph Vivien (xviiie siècle).

1966

      Saint Pio de Pietrelcina
(Lettre de Padre Pio au père Agostino - fin janvier 1916) 

" Mon âme ne cesse de soupirer sous le poids de cette nuit qui l'entoure et la pénètre totalement. Mais elle se trouve dans l'incapacité de penser, non seulement à des choses surnaturelles, mais même aux choses les plus simples. En outre, quand l'âme est sur le point de saisir le moindre rayon de la divinité, toute sorte de lumière disparaît aussitôt à son regard. La volonté se sent hors d'elle et s'efforce d'aimer mais elle devient soudain dure et ferme comme le roc. La mémoire fait tout pour s'attacher à quelque chose qui pourrait la consoler, mais tout, tout est inutile. N'est-ce-pas horrible ? Et ce n'est pas tout mon père. Ce qui accroît le plus mon tourment, c'est qu'il m'arrive parfois de me souvenir vaguement d'avoir, en d'autres temps connu et aimé ce même Seigneur que je n'ai plus l'impression de connaître ni d'aimer, comme s'il était devenu pour moi un inconnu, un absent, un étranger. Je m'efforce alors de trouver trace au moins chez les créatures de Celui que mon âme désire. Mais qui peut le dire ? je n'y reconnais plus l'image habituelle de Celui qui m'a abandonné. C'est alors que l'âme, vaincue par l'épouvante et la terreur, ne sachant plus que faire pour trouver son Dieu, s'écrie, en luttant avec son Seigneur : "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?" Mais quel horrible effroi ! Personne ne répond à ce vide qu'elle ressent au fond d'elle même, pas même l'écho. Néanmoins, l'âme ne s'avoue pas encore vaincue. Elle fait de nouveaux efforts, mais toujours en vain. Elle sent alors que toute sa chaleur diminue, que toute sa force cesse, que ses pieux sentiments se sont complètement assoupis. 
Arrachée à son Époux, déchirée jusqu'au plus profond d'elle-même, elle ne sait plus que faire dans cette nuit si obscure. Et, ce qui augmente encore mon supplice, c'est que ces tortures insupportables paraissent ne pas devoir finir. La pauvre âme ne voit pas de fin, à son horrible misère. J'ai l'impression qu'un mur de bronze m'enferme pour toujours dans cette atroce prison. 
Les peines que j'éprouve alors sont si nombreuses et si aiguës que je ne saurais vous en montrer la différence par rapport à celles que je souffrirais si j'étais dans l'enfer même ; au contraire, permettez-moi de le dire, ici, dans cet état, je devrais souffrir encore davantage, en raison de l'amour dont le créateur est aimé. Mais poursuivons ! 
Lorsque ce martyre atteint son apogée, il me semble que mon âme est proche de se consoler à l'idée que, finalement, elle devra nécessairement tomber sous le poids de ces douleurs, car il est tout à fait impossible de les supporter plus longtemps." 

 
 

1942

      Saint Thomas d'Aquin 
(Commentaire sur l'Évangile de saint Jean, Paris, Cerf, 2006, p. 266-267)

« Puisque cultiver, c'est dépenser son zèle pour quelque chose, nous cultivons quelque chose de deux manières : soit pour que soit amélioré ce que nous cultivons, et en ce sens nous cultivons un champ ou quelque chose de tel. Soit pour que nous soyons améliorés par cela, et de cette manière l'homme cultive la sagesse.
Dieu nous « cultive » donc pour que nous soyons améliorés par son travail, en tant qu'Il extirpe de nos cœurs les mauvaise semences. Il ouvre notre cœur par la charrue de sa parole ; Il plante les semences de ses commandements ; Il recueille un fruit de piété, comme le dit Augustin. Nous, nous Lui rendons un culte pour être améliorés par Lui, mais cela en adorant (adorando) et non en labourant (arando) —
 
Si quelqu'un rend un culte à Dieu, celui-là l'exauce (Ps 49, 23). Le Père est donc le cultivateur de cette vigne en vue du bien d'un autre. C'est Lui, en effet, qui plante (Moi, je t'ai plantée comme une vigne de choix, comme une vraie semence.- Jr 2, 21). C'est Lui qui fait croître (Moi, j'ai planté, Apollos a arrosé, mais c'est Dieu qui a donné la croissance - 1Co 3, 6), car Dieu seul, de l'intérieur, fait croître et fructifier ; et, dans la mesure où l'homme coopère de l'extérieur, Dieu lui-même garde et conserve, comme le dit saint Matthieu, qui cite Isaïe : Il a bâti une tour dans la vigne, et l'a entourée d'une clôture (Mt 21, 33 - cf Is 5, 2) 

Jésus disait à ses disciples : "Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai Aimés." (Jn 15, 12)