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4ème Méditation de Mgr José Tolentino Calaça de Mendonça
20 juillet 2018
« Son père l’aperçut et fut touché de compassion ».
Le texte de la parabole nous fait regarder ici la figure du père. Posons sur lui non seulement notre regard, mais aussi notre cœur, et nous découvrirons que ce père est la vraie représentation de la miséricorde. Il a deux enfants et se rend compte qu’il doit les traiter différemment, tout en regardant chacun d’eux d’une manière unique. Le plus jeune est venu réclamer son héritage. C’est une demande surprenante parce que l’héritage suppose la mort des parents, alors que celui-ci veut déjà le sien du vivant de son père. Et pourtant le père, sans rien dire, lui donne l’héritage. Le père accepte l’espace dont son enfant a besoin ; le père accueille le risque de la liberté de son fils, il l’aime tout simplement. Dieu accepte le risque de notre liberté, il accepte que nous prenions ce qu’il nous donne et que nous partions loin, il accepte que nous puissions commettre des erreurs, il accepte notre faiblesse.
Le plus jeune fils, même quand il revient, le fait toujours dans une logique égoïste et égocentrique. Il est parti vivre sa vie, et quand il revient, il ne pense qu’à sauver sa peau. C’est l’instinct de survie qui parle, pas l’amour. Le fils prodigue se dit : « Combien de journaliers de mon père ont du pain en abondance, et moi je suis ici à mourir de faim ! Je veux partir, retourner vers mon père et lui dire : […] traite-moi comme l’un de tes journaliers » (Lc 15,17-19). Et il ne comprend pas que c’est impossible. Car lorsque le père l’aperçoit au loin, il prend l’initiative de courir à sa rencontre. Et il considère comme plus décisif que le fait que le fils soit parti, c’est qu’il soit maintenant de retour ; plus important que la rupture, c’est donc le retour. Le fils est encore loin et le père part à sa rencontre. Saint Luc nous dit : « Comme il était encore loin, son père l’aperçu et fut touché de compassion ; il courut se jeter à son cou et l’embrassa longuement » (Lc 15, 20). C’est-à-dire qu’il a justifié cette vie sans beauté en la rendant complètement aimable. Aux yeux du père, ce fils n’était que le fils, mais il était son fils. Et, plein de compassion, il a été capable de l’embrasser longuement, de le réintroduire dans l’intimité familiale de la maison. Et cela d’une façon que le fils lui-même n’aurait jamais espéré. Nous pouvons dire : « Ce père est allé trop loin. Son amour est excessif. Il ne devrait pas traiter son fils comme ça. Il devrait le punir ou au moins le mettre à l’épreuve, le faire réfléchir. Et lui dire : “Maintenant, souffre et pense à ce que tu as fait” ». L’excès du Père, cet excès de miséricorde a pourtant un sens. En nous, il y a un conflit parmi plusieurs modèles et façons de réagir. Mais Dieu nous dit : « La miséricorde est l’art nécessaire au salut de la vie, la miséricorde est un chemin que nous devons tous apprendre ». Et il n’y a pas de miséricorde sans excès. Je crois fermement que c’est là une des leçons fondamentales de la parabole.
Nous nous demandons souvent ce qu’est la miséricorde. Et la miséricorde n’entre pas dans une définition. Elle doit s’incarner pour que nous puissions la toucher. La miséricorde est compassion, la miséricorde est bonté, la miséricorde est pardon, la miséricorde est de se mettre à la place de l’autre, la miséricorde est de porter l’autre sur ses épaules, la miséricorde est la réconciliation profonde. Elle est tout cela. Mais elle l’est également selon un certain style, qui est le style du père de la parabole de Jésus. Il n’y a pas de miséricorde sans don, sans donation. Ce fils prodigue portait beaucoup de blessures, évidentes et cachées, et il avait besoin d’être guéri à l’aide du baume de la miséricorde.
La miséricorde n’est pas d’accorder à l’autre ce qu’il mérite. Dans un effet d’inversion éthique, la miséricorde est, nous pouvons bien le dire, d’offrir à l’autre précisément ce que l’autre ne mérite pas, mais donner par le haut, donner au-delà, aller plus loin. Réintroduire le fils à la fête, le reconfirmer avec les symboles de la joie : l’anneau au doigt, les sandales aux pieds, la plus belle robe, le banquet du veau gras. C’est cet excès d’amour qui reflète la miséricorde. Nous nous mettons facilement dans la position de ceux qui jugent les autres : « Ah, tu as fait cela, tu as mérité ceci, tu as mérité cela ». Mais le père miséricordieux ne se
laisse pas prendre par le jugement. Il voit que le fils revient comme s’il revenait d’une guerre, tout brisé, maltraité et blessé. Or, s’il n’y a pas un excès d’amour qui aide à guérir les blessures, qui donne un autre horizon, qui devienne un levier, il n’y a pas de solution. Le fils ne pourrait pas entrer dans la maison par ses propres moyens. Il avait besoin d’être porté par l’amour de son père. C’est cela la miséricorde. Il ne s’agit pas d’attendre que l’autre fasse le chemin : il s’agit d’anticiper et de le porter sur ses épaules tel que nous l’enseigne la parabole du bon berger (Lc 15,4-7), en acceptant ses blessures, ses vulnérabilités et en le réintroduisant dans l’espoir, synonyme de la fête.
En famille, nous faisons cette expérience en de nombreuses occasions. Si nous voulons être des gens modérés et neutres, si nous ne voulons qu’être justes, nous serons de bonnes personnes, mais nous ne connaîtrons pas l’Évangile de la Miséricorde. Parce que l’Évangile de la Miséricorde nous demande un excès d’amour : que nous soyons capables d’étreindre la vie blessée, capables de tout comprendre sans éprouver le besoin de dire de grandes choses. Le père n’est pas inconscient. Le père se rend compte que ce fils a tout dépensé de la pire manière qui soit ; le père sait tout. Et pourtant il embrasse tout et couvre tout de son amour. L’expérience de la miséricorde est l’une des choses les plus exigeantes et les plus fascinantes de la vie. Mais à la fin, ce fils qui était perdu est devenu un être transformé, modifié par l’amour. Prions aujourd’hui pour que notre famille devienne une école de miséricorde, où nous sentions que nous suivons les pas de Jésus

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3ème Méditation de Mgr José Tolentino Calaça de Mendonça
« Je ne mérite plus d’être appelé ton fils ». 
La parabole du fils prodigue (Lc 15,11-32), ou du Père miséricordieux comme d’autres préfèrent l’appeler, jette une lumière intéressante sur ce grand laboratoire de vie et de construction qu’est la famille. En fait, aucune famille ne reste statique dans le temps. Et cela parce que la famille n’est pas une idée, mais elle a le dynamisme concret et agité de l’expérience. La famille ne se fige pas dans une image : elle vit en se dessinant et se reconfigurant en permanence.
Pensons, par exemple, à la nôtre. Combien de temps différents avons-nous déjà vécus ensemble, combien de phases et de saisons avons-nous partagées ! Des phases bonnes et des phases difficiles ; des saisons claires pleines d’enthousiasme et des hivers exigeants ; des moments où nous nous sommes vus naître et des moments blessés où nous nous sommes sentis éprouvés dans la foi et la vérité de l’amour. Il est vrai que l’infini que nous devons vivre est souvent un infini fragile, mais cela ne le rend pas moins beau.
Les crises elles-mêmes font partie du parcours de l’amour, et si elles sont porteuses de turbulence et de souffrance, elles sont aussi des occasions de plonger plus profondément dans sa réalité. L’important c’est de ne pas se décourager. L’important c’est de ne pas confondre l’étape avec l’ensemble du chemin. Quand les expériences de crise sont vécues en couple et en famille, elles peuvent même devenir des expériences de renforcement du projet commun. Elles nous donnent accès à des dimensions de la vie auxquelles nous n’avions pas encore touché. Ce qui peut arriver facilement, disons-le. Rappelons le récit des origines raconté dans le livre de la Genèse.Lorsque Dieu demande à l’homme « Où es-tu ? », il répond : « J’ai entendu ton pas dans le jardin ; j’ai eu peur parce que je suis nu » (Gn 3,9-10). En fait, nous cachons notre nudité même à ceux qui nous aiment le plus. Nous craignons d’ouvrir complètement notre vulnérabilité et nous nous enfermons dans une coquille. Et pourtant c’est dans les yeux de ceux qui nous aiment que nous pouvons trouver l’espoir pour revisiter nos entraves, nos limites et nos contradictions et pour puiser de nouvelles forces. Ce sont souvent les crises qui permettent d’écouter la vie au-delà de l’apparence et de prendre contact avec la soif qui s’installe en nous.
Je pense donc qu’un changement se produit lorsque nous acceptons le fait que nous sommes tous vulnérables. Il est facile de reproduire un schéma dialectique et d’oublier que l’autre est aussi atteint par la souffrance. Un chemin nécessaire c’est de reconnaître que chez ceux qui nous blessent (ou nous ont blessé) il y a aussi des blocages et des blessures. S’ils ne nous ont pas aimés comme nous le souhaitions, ce n’était pas nécessairement par un acte délibéré, mais à cause d’une histoire peut-être encore plus étouffante que la nôtre. Il ne s’agit pas de déculpabiliser, mais de reconnaître que chez l’autre il y a quelqu’un éprouvé par la limite. Et que la blessure qui brûle maintenant n’était pas spécifiquement destinée à moi : c’était un magma de souffrance intérieure à la dérive, sur le point d’éclater.
La parabole du fils prodigue rappelle aux familles que nous avons tous besoin de pardon. Et nous devons le demander ouvertement comme il le fait. Dans une de ses audiences du mercredi, le Pape François a parlé de trois mots qu’il considère comme « les trois mots-clés de la famille » : « s’il te plait », « merci » et « pardon ». Des mots simples, oui, mais difficiles à mettre en pratique. Sur ce troisième mot, le Saint-Père a expliqué : « Lorsque manque la capacité de demander pardon en famille, les petites fissures s’élargissent, même sans le vouloir, jusqu’à devenir des douves profondes. […] Reconnaître que l’on a eu un manquement, et être désireux de restituer ce qui a été retiré — le respect, la sincérité, l’amour — rend digne de pardon. Et ainsi se referme l’infection. Dans une maison où l’on ne demande pas pardon, l’air commence à manquer, les eaux deviennent stagnantes. De nombreuses blessures des sentiments, de nombreux déchirements dans les familles commencent avec la perte de ce mot précieux : “pardonne-moi“. Dans la vie conjugale, on se dispute si souvent… “les
assiettes volent“ aussi, mais je vous donne un conseil : ne finissez jamais la journée sans avoir fait la paix. Écoutez bien : vous vous êtes disputés, mari et femme ? Enfants avec les parents ? Vous avez eu une grosse dispute ? Ce n’est pas bien, mais là n’est pas le problème. Le problème est que ce sentiment soit encore présent le lendemain.
Dieu merci, pour la plupart des choses, juste un « excuse-moi », un clin d’œil, un sourire ou une caresse suffisent. Mais il y a aussi des situations plus complexes comme celle qui apparaît dans la parabole : « Je ne mérite plus d’être appelé ton fils ». Le fils prodigue a dissipé l’héritage de la pire manière qui soit, a relativisé les liens du véritable amour en échange de substituts futiles… Ce sont des coups inoubliables. Or, nous entendons souvent la question : comment puis-je pardonner si je ne parviens pas à oublier ? Les blessures ont touché une telle profondeur de notre être que, bien que nous le désirions beaucoup, nous ne pouvons pas effacer ces expériences de notre mémoire. Mais la question qui associe le pardon à l’oubli doit être déconstruite. L’oubli n’est pas une condition pour le pardon. Nous pouvons pardonner même ce qui ne peut pas être oublié. Qu’est-ce que le pardon, alors ? Le pardon est un acte unilatéral d’amour. C’est donner à l’autre non ce qu’il mériterait pour ce qu’il a fait, mais ce qui est dans le cœur de Dieu. Et en agissant de la sorte, peu à peu nous nous apercevons que nous sommes déjà libres, que nous sommes déjà détachés, que nous ne nous accrochons plus à un mal qui est arrivé. Notre cœur ne doit pas nécessairement être une mer glacée et impitoyable. La vie de famille est vouée au refleurissement, à une revitalisation. Nos yeux amoureux sont nés pour s’apercevoir non pas du gris du crépuscule, mais des cieux nouveaux et de la terre nouvelle.

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5ème Méditation de Mgr José Tolentino Calaça de Mendonça
21 juillet 2018

« Mon fils était mort et il est revenu à la vie ». (Lc 15, 32)

Parmi tout ce que nous assumons habituellement comme un devoir, la joie est rarement explicite. Nous ressentons la joie comme un désir qui parfois s’accomplit plutôt que comme un devoir qui chaque jour nous engage. Mais le pire qui puisse nous arriver est de nous investir dans une vie accélérée, hautement productive, mais qui a perdu la capacité d’émerveillement, la possibilité du délice, l’occasion du rire et de la jubilation. Nous devons nous demander s’il n’y a pas un déficit de fête dans nos familles.
L’écrivain russe Léon Tolstoï commence son célèbre roman Anna Karénine en disant que « toutes les familles heureuses se ressemblent. Seules les familles malheureuses sont malheureuses à leur manière ». Ce n’est pas tout à fait vrai. Si la façon de pleurer est très personnelle, la manière de célébrer et de construire la joie ensemble l’est aussi. Jésus nous dit dans l’Évangile de saint Jean :
« Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite » (Jn 15,11). Et encore : 
« Nul ne pourra vous ravir votre joie » (Jn 16,22)
Il y a donc une joie qui constitue l’horizon de notre vie. Il est essentiel que la famille ressente que c’est à la joie qu’elle est appelée. Elle l’est pour le cercle des élus. En effet, nous sommes traversés, nous sommes conduits, nous sommes menés par la main d’une promesse, et cette promesse c’est la joie. 
La joie ne se réduit pas à une sorte de bien-être ou de confort émotionnel, bien qu’elle puisse se traduire aussi de cette manière. La joie est, fondamentalement, une expression profonde de l’être : en bonté, en vérité, en beauté. La joie ne vient pas à nous quand nous interrompons nos vies : la joie naît lorsque nous prenons un de ses fils, quel qu’il soit, et que nous sommes capables de le porter avec créativité à son moment culminant.
Au lieu de grandir en sévérité, en intransigeance, en indifférence, en sarcasme, en médisance, en lamentation, marchons avec espoir dans la direction opposée.
Grandissons en simplicité, en gratitude, en altruisme et en confiance. Bénies soient les familles qui disent d’elles-mêmes : « nous sommes un laboratoire de joie » ; « nous sommes une école du sourire » ; « nous sommes un atelier d’espoir » ; « nous sommes une usine pour l’étreinte et pour la fête ».
Revenons à la parabole du fils prodigue. Le père explique à son aîné réticent l’accueil en fête qu’il a fait au plus jeune : « Il fallait bien festoyer et se réjouir, puisque ton frère que voilà était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé » (Lc 15,32). « Il fallait festoyer ». Il n’était pas nécessaire de  festoyer, mais il y a un devoir que la miséricorde nous fait découvrir : « Il fallait festoyer ». C’est ça la miséricorde. Ce devoir auquel personne ne nous oblige, mais qui est un devoir qui naît du fond de l’espérance, qui jaillit du désir de relancer la vie, qui pousse de la volonté d’affirmer qu’elle est le bien le plus précieux.
Il arrive parfois qu’au fur et à mesure que les enfants grandissent, la boîte de jouets disparaît des familles. Les maisons deviennent (un peu) plus ordonnées, elles adhèrent à une routine parfaite qu’elles n’ont pas eu pendant des années, elles reprennent une respectabilité selon les normes. Puis il y a une trêve, sans les surprises qui désespéraient : les jouets éparpillés partout, les poupées qui surgissent de n’importe où et ainsi de suite. D’abord, on pousse un soupir de soulagement. Mais ensuite plus tellement, car le moment viendra où l’on se rendra compte de l’absence de la boîte à jouets. C’est dans cette boîte que se trouvent les symboles, les jeux, les rires, les vacances en famille, les anniversaires, les jeux interminables autour de la table avec les plus âgés et les plus jeunes, tous envahis du même enthousiasme, la contemplation affectueuse sans aucun but. C’est dans cette boîte que se trouvent les histoires folles et sages que
nous racontons la vie durant. C’est là que nous gardons les odeurs, les registres, les paroles d’une chanson que nous chantions souvent et oubliées depuis, le premier vélo, les livres avant que nous sachions lire, les stickers, le silence de l’intimité, le voyage au village, les causeries devant la fenêtre faisant face à la nuit. Dans cette boîte se trouve l’art de faire du temps, de le perdre pour qu’il devienne plus à nous, tout en permettant l’imagination, le sens ludique, la joie. La boîte de jouets qui ne sert plus à rien, nous donne des raisons de vivre.
Je me rappelle une histoire qu’une amie m’a racontée. Son père était juge. Un homme exigeant, sans temps à perdre, sans grand enthousiasme pour les petits détails des enfants. Elle a grandi, a obtenu des diplômes et, pendant les premières années, a travaillé comme secrétaire de son père. Cette proximité n’a rien changé à l’image qu’elle connaissait : ils continuaient comme deux étrangers, avec une relation formelle, et un monde submergé de choses à faire. Elle raconte qu’un jour ils ont fait un voyage d’affaires dans l’une des îles grecques. Ils étaient en bateau, et nous pouvons imaginer les longues heures de traversée. À l’aube, cependant, effrayée, elle se rend compte que son père est dans sa cabine en train de la réveiller. Elle le regarde sans comprendre ce qui se passe. Et il lui dit : « Viens voir le soleil qui se lève. Il est énorme, énorme. Dépêche-toi. Tu aimeras ça. Viens ». Plusieurs années plus tard, le père étant mort, mon amie me disait : « S’il avait fait une telle chose au moins une fois de plus, au moins une de plus, je lui aurais tout pardonné ». Prions pour que nos familles deviennent des communautés de rencontre, de pardon et de fête.

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Mgr José Tolentino Calaça de Mendonça

"Nous nous demandons souvent ce qu’est la miséricorde. Et la miséricorde n’entre pas dans une définition.
Elle doit s’incarner pour que nous puissions la toucher.
La miséricorde est compassion, la miséricorde est bonté, la miséricorde est pardon, la miséricorde est de se mettre à la place de l’autre, la miséricorde est de porter l’autre sur ses épaules, la miséricorde est la réconciliation profonde. Elle est tout cela. Mais elle l’est également selon un certain style, qui est le style du père de la parabole de Jésus. Il n’y a pas de miséricorde sans don, sans donation. Ce fils prodigue portait beaucoup de blessures, évidentes et cachées, et il avait besoin d’être guéri à l’aide du baume de la miséricorde.
La miséricorde n’est pas d’accorder à l’autre ce qu’il mérite. Dans un effet d’inversion éthique, la miséricorde est, nous pouvons bien le dire, d’offrir à l’autre précisément ce que l’autre ne mérite pas, mais donner par le haut, donner au-delà, aller plus loin. "

Homélie du 20 juillet 2018
Lc 15(11-32)
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Jésus disait à ses disciples : "Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai Aimés." (Jn 15, 12)